L’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours a consacré, dimanche 18 octobre, son premier temple au Nicaragua. Pour les fidèles de cette communauté chrétienne, l’ouverture de l’édifice de Managua permet désormais d’accomplir dans leur pays des cérémonies religieuses qui nécessitaient auparavant de longs déplacements à l’étranger.
La cérémonie était présidée par Ronald A. Rasband, membre du Collège des douze apôtres, l’une des principales instances dirigeantes de l’Église. Selon le compte rendu publié par l’institution, plusieurs centaines de personnes ont participé sur place à la consécration, tandis que plusieurs milliers d’autres la suivaient dans des lieux de réunion à travers le Nicaragua. Le temple de Managua devient le 226e temple consacré de cette Église dans le monde.
L’événement marque l’aboutissement d’un projet annoncé le 1er avril 2018 par Russell M. Nelson, alors président de l’Église. La cérémonie de lancement du chantier s’était déroulée le 26 novembre 2022. Situé dans le secteur de Las Colinas, sur la route reliant Managua à Masaya, le bâtiment représente environ 2 300 mètres carrés de construction, sur un terrain de quelque 3,6 hectares, d’après la présentation publiée par la chaîne nicaraguayenne TN8.
L’implantation des saints des derniers jours au Nicaragua remonte aux années 1950. Les récits institutionnels rappellent une histoire interrompue par le séisme de Managua de 1972 et les conflits politiques de la fin de cette décennie. Les missionnaires étrangers avaient quitté le pays en 1980, tandis que les membres locaux poursuivaient leurs activités religieuses. Le travail missionnaire à plein temps avait repris à la fin des années 1980.
Pour comprendre l’importance de cette inauguration, il faut distinguer le temple des lieux de culte ordinaires de cette communauté. Les offices du dimanche et les activités régulières se déroulent dans des bâtiments de réunion ouverts aux visiteurs. Le temple accueille, lui, des cérémonies particulières, considérées comme essentielles dans le parcours spirituel des membres. Après sa consécration, son accès est réservé aux fidèles remplissant les conditions religieuses fixées par l’Église.
Parmi ces cérémonies figure le « scellement », une union matrimoniale et familiale à laquelle les croyants attribuent une portée éternelle. Selon leur foi, les liens entre époux, parents et enfants peuvent ainsi se poursuivre au-delà de la mort. Le temple accueille également des engagements religieux personnels, appelés alliances, par lesquels les participants promettent notamment de suivre les enseignements de Jésus-Christ.
Des baptêmes y sont aussi accomplis par des vivants au nom de personnes décédées. Dans la doctrine des saints des derniers jours, les défunts demeurent libres d’accepter ou de refuser ces rites dans l’au-delà. Cette pratique explique la place importante accordée à la généalogie : les membres recherchent leurs ancêtres afin de proposer ces cérémonies en leur nom.
Jusqu’à présent, les Nicaraguayens souhaitant participer aux cérémonies du temple devaient se rendre notamment au Honduras, au Guatemala, au Mexique ou aux États-Unis. Ces déplacements supposaient de financer le transport, parfois l’hébergement, et d’organiser une absence familiale ou professionnelle. L’installation d’un temple à Managua rapproche donc une partie centrale de leur pratique religieuse, même si les habitants des régions éloignées doivent encore parcourir de longues distances.
Un reportage de Church News réalisé à Managua décrit ainsi le voyage de membres de la communauté de Nueva Guinea venus découvrir l’édifice en septembre. Leur trajet en autocar avait duré six heures. Parmi les participantes, deux femmes avaient auparavant effectué un déplacement de huit à dix heures jusqu’au temple de Tegucigalpa, au Honduras. Pour ces familles, le changement se mesure aussi en kilomètres et en frontières à franchir.
Avant la consécration, une période de visites publiques organisée du 10 au 26 septembre avait permis aux visiteurs de toutes convictions de parcourir l’intérieur du bâtiment. Les journalistes avaient été accueillis dès le 7 septembre. L’Église revendique désormais environ 109 000 membres au Nicaragua, répartis dans plus d’une centaine de communautés locales.
Cette inauguration intervient dans un pays où Religactu a déjà documenté la dégradation de la liberté de religion et les restrictions visant différentes communautés.




