L’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours est une Église chrétienne née aux États-Unis au XIXe siècle autour de Joseph Smith. Ses membres ont longtemps été couramment appelés « mormons » et leur tradition religieuse « mormonisme ». Ces termes restent largement employés dans le langage courant et dans certains travaux historiques, mais l’Église demande aujourd’hui que ses membres soient désignés comme « saints des derniers jours » et que son nom officiel soit utilisé pour parler de l’institution.
Le mot « mormon » vient du Livre de Mormon, l’un des textes sacrés de l’Église. Son emploi pour désigner les fidèles s’est répandu dès le XIXe siècle, d’abord souvent sous la plume de personnes extérieures au mouvement. L’Église considère aujourd’hui que l’appellation peut créer une confusion en laissant au second plan la place centrale qu’elle attribue à Jésus-Christ.
L’histoire du mouvement commence avec Joseph Smith, né en 1805 dans le Vermont. Il affirma avoir vécu à partir de son adolescence plusieurs expériences religieuses et révélations. Selon son récit, un ange nommé Moroni lui indiqua l’existence de plaques anciennes dont il réalisa une traduction qui fut publiée en 1830 sous le titre de Livre de Mormon.
La même année, le 6 avril 1830, Joseph Smith et plusieurs de ses disciples organisèrent officiellement une nouvelle Église dans l’État de New York. Celle-ci porta successivement plusieurs noms avant d’adopter en 1838 celui d’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours.
Joseph Smith et ses disciples considéraient leur mouvement non comme la création d’une nouvelle religion, mais comme une restauration de l’Église primitive de Jésus-Christ et de l’autorité apostolique qu’ils estimaient avoir été perdues au cours de l’histoire du christianisme. Cette idée de « Restauration » demeure fondamentale dans l’identité des saints des derniers jours.
Outre la Bible, l’Église reconnaît comme Écritures le Livre de Mormon, les Doctrine et Alliances et la Perle de Grand Prix. Le Livre de Mormon présente notamment le récit de peuples anciens vivant sur le continent américain et rapporte une apparition de Jésus-Christ ressuscité parmi eux.
Les saints des derniers jours croient en Dieu le Père, en Jésus-Christ comme Fils de Dieu et Sauveur de l’humanité, et au Saint-Esprit. Leur conception de la Divinité diffère cependant de la doctrine trinitaire définie par les anciens conciles chrétiens : le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont considérés comme trois êtres distincts, parfaitement unis dans leur volonté et leur dessein.
Le baptême est pratiqué par immersion à partir de l’âge de huit ans. L’Église accorde également une place importante aux temples, qui sont distincts des lieux de culte ordinaires où se déroulent les réunions dominicales. Dans les temples sont célébrées certaines cérémonies religieuses, notamment le mariage pour l’éternité et des baptêmes accomplis par procuration pour des personnes décédées. Selon la doctrine de l’Église, ces dernières restent libres, dans l’au-delà, d’accepter ou de refuser le baptême ainsi effectué en leur faveur.
La famille occupe une place centrale dans la vie religieuse. Les fidèles considèrent que les liens familiaux peuvent se poursuivre après la mort lorsqu’un mariage a été « scellé » dans un temple. L’Église est également connue pour son activité missionnaire internationale et pour l’importance qu’elle accorde à la recherche généalogique.
Certaines pratiques quotidiennes découlent de la « Parole de Sagesse », un texte reçu par Joseph Smith en 1833. Les membres pratiquants s’abstiennent notamment d’alcool, de tabac, de café et de thé. Le dimanche est consacré au culte et à la famille.
En 1844, les tensions autour de Joseph Smith et de la communauté des saints des derniers jours de Nauvoo atteignirent leur paroxysme. Après la destruction de la presse d’un journal dissident, le Nauvoo Expositor, décidée par le conseil municipal qu’il présidait, Joseph Smith fut poursuivi puis incarcéré avec son frère Hyrum à Carthage, dans l’Illinois. Le 27 juin 1844, alors qu’ils étaient détenus dans la prison locale, un groupe armé prit d’assaut le bâtiment et les assassina. Cette mort violente provoqua une importante crise de succession au sein du mouvement.
La majorité des fidèles suivit ensuite Brigham Young et migra vers l’Ouest américain, où fut établi le centre de l’Église qui a aujourd’hui son siège à Salt Lake City, dans l’Utah. Mais d’autres groupes suivirent différents prétendants à la succession ou se constituèrent séparément.
Il existe ainsi plusieurs branches séparées ou dissidentes issues du mouvement des saints des derniers jours. La plus importante historiquement en dehors de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours est la Communauté du Christ, anciennement appelée Église réorganisée de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, qui fut dirigée à partir de 1860 par Joseph Smith III, fils du fondateur. D’autres mouvements plus petits sont apparus au fil du temps, notamment les « strangites », disciples de James Strang.
Certains groupes fondamentalistes issus de schismes ultérieurs ont également maintenu la pratique de la polygamie après son abandon par l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours à la fin du XIXe siècle. Ils ne font pas partie de celle-ci et ne doivent donc pas être confondus avec ses membres actuels.
L’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours constitue aujourd’hui de très loin la principale organisation issue du mouvement fondé par Joseph Smith. Elle déclarait 17,9 millions de membres dans le monde à la fin de 2025, répartis dans plusieurs dizaines de milliers de communautés locales. Ce chiffre correspond aux membres inscrits dans les registres de l’Église et ne doit pas être assimilé au nombre de pratiquants réguliers.
Ainsi, si le mot « mormonisme » demeure utile pour comprendre l’histoire du mouvement et reste couramment recherché, il recouvre une réalité religieuse plus complexe. Pour désigner spécifiquement l’Église majoritaire et ses fidèles, « Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours » et « saints des derniers jours » sont aujourd’hui les appellations les plus précises.




