Six temples de cette ville taïwanaise ont reçu, le 16 octobre, une certification environnementale. Réduction de l’encens, remplacement du papier votif par des dons alimentaires et économies d’énergie : la démarche accompagne une évolution des pratiques religieuses.
À Chiayi, dans l’ouest de Taïwan, les responsables des temples sont invités à intégrer la protection de l’environnement aux activités cultuelles. Lors d’une rencontre organisée le 16 octobre 2026, la maire Huang Min-hui a remis une certification « bas carbone » à six nouveaux établissements. Selon la municipalité, 73 temples disposent désormais de ce label, soit près de 49 % des temples enregistrés dans la ville.
La mesure s’inscrit dans une coopération engagée entre plusieurs collectivités du centre de l’île. Un accord signé en décembre 2019 avait posé les bases d’une certification commune des lieux religieux. Chiayi indique avoir commencé à déployer ce dispositif en 2020, avec ses services chargés de l’environnement et des affaires civiles.
Les adaptations concernent d’abord les pratiques qui produisent de la fumée. Le programme présenté par le service municipal de l’environnement encourage les fidèles à brûler moins de papier votif, ces feuilles utilisées comme offrandes rituelles. Il propose notamment de remplacer certains achats de papier par des dons alimentaires ou des actions caritatives. Les temples peuvent également recourir à des équipements limitant la pollution des fours ou organiser une collecte du papier destiné à une combustion centralisée.
L’encens fait lui aussi l’objet de recommandations. La démarche encourage la réduction du nombre de bâtonnets, notamment suivant le principe d’un seul bâton par brûle-parfum, ainsi que l’emploi de produits présentés comme moins polluants. La municipalité entend ainsi faire évoluer les habitudes des pratiquants tout en préservant la possibilité d’exprimer leur dévotion.
L’évaluation dépasse cependant les seules offrandes. Comme le détaille la presse locale de Chiayi, la certification repose sur six domaines : réduction du papier votif et des pollutions associées, diminution de l’encens, économies d’eau et d’énergie, gestion de l’environnement du site, réemploi des ressources et achats respectueux de l’environnement. L’installation de lampes LED et d’équipements économes en eau fait partie des mesures citées.
Les candidatures sont ouvertes chaque année de janvier à juin. Les établissements intéressés peuvent s’adresser aux services municipaux compétents. L’attribution du label intervient après une inspection des lieux par des spécialistes. Le dispositif repose donc sur une démarche volontaire de certification et d’accompagnement.
La rencontre du 16 octobre a également rappelé la place des temples dans la vie sociale locale. Dans son compte rendu diffusé sur la plateforme de communiqués de l’agence CNA, la municipalité souligne leur participation à l’aide d’urgence, à la transmission culturelle et au soutien scolaire. Cinquante et un temples, avec des donateurs privés, ont ainsi contribué à un programme de bourses destiné à 67 élèves et étudiants.
Les documents publiés ne permettent toutefois pas de chiffrer les émissions effectivement évitées par les six nouveaux établissements certifiés. Le nombre de labels attribués renseigne sur l’adhésion au programme, sans constituer à lui seul un bilan de ses résultats environnementaux.
À Chiayi, cette politique fait néanmoins entrer la question écologique dans le fonctionnement quotidien des lieux de culte. Elle associe des changements techniques, comme l’éclairage et les installations de combustion, à une réflexion sur les offrandes : la quantité de matière brûlée peut diminuer tandis que le geste religieux trouve d’autres formes, notamment dans la solidarité.




