Avec huit laïcs sur trente membres, la Commission théologique internationale renforce la participation de théologiens qui ne sont ni prêtres ni religieux. Les nominations annoncées par Léon XIV le 19 octobre augmentent également le nombre de femmes et la représentation de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique du Sud.
La Commission théologique internationale ouvre son mandat 2026-2031 avec une composition renouvelée. Léon XIV a nommé vingt-quatre membres, auxquels s’ajoutent six personnes reconduites pour cinq ans. L’instance compte désormais trente théologiens, contre vingt-huit durant le mandat précédent.
Le changement le plus net concerne la participation des laïcs. Selon la présentation publiée par Vatican News, ils sont huit, contre quatre auparavant : cinq femmes et trois hommes. Ils représentent ainsi un peu plus du quart des membres.
Le nombre de femmes passe, pour sa part, de cinq à huit. Les deux évolutions se recoupent sans se confondre : aux cinq théologiennes laïques s’ajoutent trois religieuses. Les prêtres et les membres de communautés religieuses demeurent donc majoritaires, mais la composition fait davantage de place à d’autres parcours de vie et de recherche.
Parmi les personnes nommées figurent Anne-Sophie Vivier-Muresan, doyenne de la faculté de théologie de l’Institut catholique de Paris, Sara Parvis, enseignante à l’université d’Édimbourg, Teresa Hyeon Soon Choi, de l’université Sogang à Séoul, Maria Teresa Fattori, chercheuse à l’université de Teramo, et Claudia Leal Luna, professeure à l’Institut pontifical Jean-Paul-II pour les sciences du mariage et de la famille, à Rome.
La liste publiée par le Dicastère pour la doctrine de la foi comprend également le jésuite français Michel Fédou, professeur émérite aux Facultés Loyola Paris. Parmi les six membres reconduits, Piero Coda conserve la fonction de secrétaire général. Les religieuses Isabell Naumann et Josée Ngalula poursuivent elles aussi leur participation.
La répartition géographique évolue également. L’Europe conserve treize sièges, contre quatorze auparavant, et reste le continent le plus représenté. L’Asie et l’Afrique passent chacune de trois à quatre membres, tandis que l’Amérique du Sud en compte désormais cinq au lieu de quatre. La prochaine session plénière est prévue du 23 au 27 novembre.
Créée par Paul VI le 11 avril 1969, la Commission a pour mission d’aider le Saint-Siège à examiner les grandes questions doctrinales, en particulier au service du Dicastère pour la doctrine de la foi. Elle réunit des spécialistes de différentes écoles et de différents pays. Ses membres sont choisis pour leur compétence théologique et leur fidélité à l’enseignement de l’Église, sur proposition du préfet du dicastère et après consultation des conférences épiscopales.
Cette instance a notamment accueilli le théologien philippin Luis Antonio Tagle, devenu depuis doyen du Collège des cardinaux. Sa vocation internationale vise à faire remonter vers Rome des recherches et des questions issues de contextes ecclésiaux différents.
Les statuts promulgués par Jean-Paul II en 1982 encadrent précisément son travail. Les sujets sont désignés par le pape ou le préfet, avec des propositions possibles d’autres institutions de l’Église. Des sous-commissions préparent les études spécialisées et peuvent consulter des experts extérieurs, y compris non catholiques. Leurs conclusions sont soumises au pape et mises à la disposition du dicastère.
Le doublement du nombre de laïcs ne leur attribue donc pas un pouvoir de gouvernement sur l’Église. Il élargit leur participation à la préparation de travaux susceptibles d’éclairer ses décisions et son enseignement.
Image mise en avant : « Congregation for the Doctrine of the Faith », Jim McIntosh — CC BY 2.0




