Le catholicisme est l’une des trois grandes familles du christianisme, avec le christianisme orthodoxe et le protestantisme. Les catholiques croient en un Dieu unique, en Jésus-Christ, en sa mort et en sa résurrection. Ils appartiennent à une Église mondiale organisée autour des évêques et du pape, qui est l’évêque de Rome. Avec un peu plus de 1,4 milliard de baptisés en 2024, l’Église catholique est la plus importante Église chrétienne par le nombre de fidèles.
Le mot « catholique » vient du grec katholikos, qui signifie « universel » ou « qui concerne tous ». Il apparaît dans des textes chrétiens dès le début du IIe siècle. À l’origine, il désigne l’ensemble de l’Église chrétienne, présente dans différents lieux mais unie par une même foi. Le mot « catholicisme » s’est surtout imposé plus tard, lorsque les divisions entre chrétiens ont rendu nécessaire la distinction entre plusieurs grandes traditions.
L’Église catholique considère qu’elle poursuit la communauté fondée par Jésus-Christ et confiée à ses apôtres. Elle accorde une place particulière à l’apôtre Pierre, auquel Jésus déclare dans l’Évangile : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église. » Selon la foi catholique, les papes sont les successeurs de Pierre, tandis que les évêques sont les successeurs des autres apôtres.
D’un point de vue historique, l’organisation de l’Église s’est construite progressivement au cours des premiers siècles. Les premières communautés chrétiennes étaient dirigées par des responsables appelés évêques, prêtres ou anciens. L’évêque de Rome a peu à peu acquis une autorité particulière dans le christianisme occidental. Cette autorité n’a cependant pas été comprise de la même manière partout, notamment dans les Églises de langue et de culture grecques.
Pendant environ un millénaire, les chrétiens d’Orient et d’Occident ont appartenu à un même ensemble, malgré des différences de langue, de liturgie et d’organisation. Leur séparation s’est faite progressivement. L’année 1054 est traditionnellement retenue comme la date du grand schisme entre l’Église d’Occident, liée à Rome, et les Églises orthodoxes d’Orient. Il ne s’agit toutefois pas d’une rupture soudaine : l’éloignement s’est étendu sur plusieurs siècles.
Au XVIe siècle, une nouvelle division se produit avec la Réforme protestante. Martin Luther, Jean Calvin et d’autres réformateurs contestent certaines pratiques et certains enseignements de l’Église de leur époque, ainsi que l’autorité du pape. Des Églises protestantes indépendantes de Rome apparaissent alors en Europe. En réponse, l’Église catholique réaffirme sa doctrine et réforme une partie de son fonctionnement lors du concile de Trente, en Italie, réuni entre 1545 et 1563. La formation des prêtres est améliorée et certaines pratiques qui avaient favorisé les critiques sont corrigées.
Les catholiques partagent avec la majorité des autres chrétiens la foi en la Trinité : Dieu est unique, mais il est reconnu comme Père, Fils et Saint-Esprit. Ils croient que Jésus est le Fils de Dieu devenu homme, qu’il a été crucifié, qu’il est ressuscité et qu’il ouvre aux êtres humains un chemin de salut et de vie éternelle. Ils croient également à la résurrection des morts, au jugement de Dieu, au paradis et à l’enfer. Le catholicisme enseigne aussi l’existence du purgatoire, compris comme une purification après la mort pour ceux qui sont destinés à entrer pleinement dans la présence de Dieu.
Pour les catholiques, le salut est d’abord un don de Dieu, rendu possible par Jésus-Christ. L’être humain ne peut pas se sauver par ses seules forces. Il est appelé à accueillir la grâce de Dieu par la foi, puis à vivre cette foi dans l’amour, le pardon, la prière et les actions accomplies au service des autres. La foi et les actes ne sont donc pas opposés : les bonnes actions sont considérées comme le fruit d’une foi réellement vécue.
La Bible occupe une place essentielle dans le catholicisme. Elle est lue pendant chaque messe et nourrit la prière, la prédication et l’enseignement. Mais, contrairement à la plupart des protestants, les catholiques ne considèrent pas la Bible comme l’unique source de transmission de la foi. Ils se réfèrent aussi à la Tradition, c’est-à-dire à l’enseignement reçu des apôtres et transmis dans la vie de l’Église. La Bible et la Tradition sont interprétées par le « magistère », nom donné à la mission d’enseignement du pape et des évêques.
La vie catholique est marquée par sept sacrements. Un sacrement est un acte religieux visible par lequel les catholiques croient recevoir la grâce de Dieu, c’est-à-dire sa présence et son aide. Chaque sacrement correspond à un moment ou à un engagement important de la vie chrétienne.
Le baptême est généralement le premier sacrement reçu. De l’eau est versée sur la tête de la personne — ou, dans certains cas, celle-ci est plongée dans l’eau — au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ce geste représente une naissance à une vie nouvelle avec Dieu et l’entrée dans la communauté chrétienne. Les catholiques baptisent le plus souvent les enfants, mais une personne peut recevoir le baptême à tout âge.
La confirmation complète le baptême. L’évêque, ou parfois un prêtre autorisé à le faire, pose la main sur la personne puis trace une croix sur son front avec une huile parfumée. Pour les catholiques, ce sacrement signifie que le croyant reçoit d’une manière particulière la force du Saint-Esprit afin de vivre et d’affirmer sa foi.
L’eucharistie, aussi appelée communion, est célébrée pendant la messe. Le prêtre consacre du pain et du vin en rappelant le dernier repas de Jésus avec ses disciples. Les catholiques croient que ce pain et ce vin deviennent réellement le corps et le sang du Christ, même s’ils en conservent l’apparence. L’eucharistie est considérée comme une rencontre avec le Christ et occupe une place centrale dans la vie catholique.
La réconciliation, couramment appelée confession, permet au croyant de demander pardon pour ses péchés. La personne confie à un prêtre les fautes qu’elle reconnaît avoir commises et exprime son regret. Le prêtre peut lui donner des conseils et lui demander d’accomplir une prière ou un geste de réparation. Il prononce ensuite l’absolution, par laquelle les catholiques considèrent que Dieu accorde son pardon.
L’onction des malades est destinée aux personnes gravement malades, sur le point de subir une opération importante ou devenues particulièrement fragiles en raison de leur âge. Un prêtre prie pour elles et dépose de l’huile bénite sur leur front et leurs mains. Ce sacrement ne signifie pas nécessairement que la personne va mourir. Il vise à lui apporter la force, la paix et le réconfort de Dieu dans l’épreuve. Il peut être reçu plusieurs fois au cours d’une vie.
Le mariage est le sacrement par lequel un homme et une femme s’engagent librement l’un envers l’autre devant Dieu et l’Église.
Enfin, l’ordre est le sacrement par lequel un homme devient diacre, prêtre ou évêque. Au cours de l’ordination, un évêque pose les mains sur sa tête et prononce une prière. Le diacre reçoit une mission de service et peut notamment célébrer les baptêmes et les mariages. Le prêtre peut célébrer la messe, entendre les confessions et accompagner une paroisse. L’évêque dirige un diocèse et peut ordonner à son tour des diacres, des prêtres et d’autres évêques. Dans l’Église catholique, ce sacrement est actuellement réservé aux hommes.
Les catholiques prient Dieu, mais ils accordent aussi une grande place à Marie, la mère de Jésus, et aux saints. Ils ne les considèrent pas comme des dieux et ne les adorent pas. Ils les honorent comme des croyants dont la vie peut servir d’exemple et leur demandent de prier Dieu pour eux. Cette demande est appelée « intercession ». Marie reçoit une vénération particulière en raison de sa place dans la vie de Jésus. Le chapelet, les pèlerinages et les fêtes mariales sont quelques-unes des formes prises par cette dévotion.
L’Église catholique possède une organisation hiérarchique. La communauté locale est généralement la paroisse, confiée à un prêtre. Plusieurs paroisses forment un diocèse, placé sous la responsabilité d’un évêque. L’ensemble des évêques, en communion avec le pape, participe à la direction de l’Église. Les cardinaux sont de hauts responsables ecclésiastiques dont l’une des principales fonctions est d’élire un nouveau pape.
Le pape ne dirige pas seul chaque paroisse ou chaque diocèse. Chaque évêque possède une responsabilité propre dans son territoire. Le pape exerce toutefois une autorité sur l’ensemble de l’Église catholique et intervient sur les grandes questions de doctrine, d’organisation et de discipline. L’« infaillibilité pontificale » ne signifie pas que le pape ne peut jamais se tromper. Elle ne concerne que des déclarations doctrinales très particulières, prononcées dans des conditions précises au sujet de la foi ou de la morale.
Les prêtres célèbrent les sacrements et accompagnent les communautés. Dans l’Église catholique de tradition latine, ils sont normalement célibataires. Cette règle ne s’applique pas de la même manière dans toutes les Églises catholiques orientales, où des hommes mariés peuvent être ordonnés prêtres. Les religieux et les religieuses, comme les moines et les moniales, choisissent une vie consacrée à Dieu, souvent marquée par la prière, la vie communautaire et le service. Tous les prêtres ne sont donc pas des moines, et tous les religieux ne sont pas prêtres.
Le catholicisme ne se limite pas à la forme occidentale souvent appelée « Église catholique romaine ». La grande majorité des catholiques appartient à l’Église latine, mais il existe aussi des Églises catholiques orientales. Celles-ci reconnaissent l’autorité du pape tout en conservant leurs propres liturgies, leurs chants, leurs traditions et certaines règles particulières. Le catholicisme rassemble également de nombreuses sensibilités spirituelles : certaines communautés insistent sur le silence et la contemplation, d’autres sur l’action sociale, l’enseignement, la mission ou une prière plus expressive.
Les grandes fêtes catholiques suivent la vie de Jésus. Noël célèbre sa naissance et Pâques sa résurrection, qui constitue le cœur de la foi chrétienne. La Semaine sainte rappelle ses derniers jours, sa mort et sa résurrection. La Pentecôte célèbre la venue du Saint-Esprit sur les apôtres. D’autres fêtes sont consacrées à Marie ou aux saints. Le dimanche est le jour principal de la célébration de la messe.
En France, le catholicisme a profondément marqué l’histoire, les paysages, les arts, le calendrier et les institutions. Il a longtemps été la religion de la très grande majorité de la population. La Révolution française a bouleversé ses relations avec l’État, puis la loi de 1905 a établi la séparation des Églises et de l’État dans la plus grande partie du pays. Aujourd’hui, la pratique régulière est beaucoup moins répandue qu’autrefois, mais le catholicisme reste très présent à travers ses paroisses, ses pèlerinages, ses établissements scolaires, ses associations caritatives et son patrimoine.
À l’échelle mondiale, le catholicisme est particulièrement implanté dans les Amériques, en Europe et dans plusieurs pays d’Afrique. Il est également présent en Asie et en Océanie. Sa population augmente surtout en Afrique, tandis que son poids relatif diminue ou stagne dans plusieurs pays européens. Le concile Vatican II, organisé de 1962 à 1965, a cherché à adapter la manière dont l’Église présente son message au monde contemporain. Il a notamment favorisé l’usage des langues locales dans la messe, renforcé la place des laïcs, encouragé le dialogue avec les autres religions et affirmé l’importance de la liberté religieuse.
Le catholicisme est donc à la fois une foi, une communauté mondiale et une institution ancienne. Malgré une organisation commune et l’autorité du pape, il se vit de manières très diverses selon les pays, les cultures et les sensibilités. Ses membres sont unis par les mêmes grandes croyances, les sept sacrements et leur appartenance à une Église qui se veut universelle.




