Visites, échanges avec les fidèles et découvertes de la vie des communautés : trente-cinq mosquées ont participé, le 18 octobre, à une journée nationale de portes ouvertes en Autriche. Soutenue par des responsables de plusieurs religions, l’initiative entend opposer la rencontre aux préjugés et à la polarisation.
Entrer dans une mosquée, poser une question à un imam, découvrir ce qui rassemble une communauté au-delà de la prière : c’était l’invitation adressée dimanche aux habitants des neuf régions autrichiennes. Organisée par la Communauté religieuse islamique d’Autriche, l’IGGÖ, cette journée se tenait sous le thème « La confiance par la rencontre ». Le site officiel de l’événement recensait trente-cinq mosquées participantes, dont treize à Vienne et huit en Basse-Autriche.
Chaque communauté construisait son programme. Celui-ci pouvait comprendre des visites des locaux, des explications sur les pratiques religieuses, des conversations avec les imams et les fidèles, des conférences ou des activités pour les familles. Des propositions culturelles et culinaires complétaient l’accueil. Aucune connaissance préalable de l’islam n’était requise et l’invitation s’adressait à tous, quelles que soient leurs convictions.
Dans son bilan publié le 19 octobre, l’IGGÖ fait état d’une fréquentation soutenue, sans donner de nombre total de visiteurs. Elle mentionne la présence de représentants des Églises et d’autres communautés religieuses, mais aussi du monde politique, de la diplomatie et de la société civile. Son président, Ümit Vural, résume ainsi l’objectif : « La confiance grandit là où les gens se rencontrent, s’écoutent et se prennent mutuellement au sérieux. » Il a également renouvelé l’offre de dialogue de l’institution aux écoles, aux administrations et au voisinage.
À Ried im Innkreis, en Haute-Autriche, cette ouverture a pris une forme très locale. Selon le compte rendu de MeinBezirk, l’association musulmane Iman, récemment créée, a accueilli le maire Bernhard Zwielehner et des représentants catholiques, protestants, évangéliques et néo-apostoliques. L’imam Ibro Malić a ouvert la rencontre par une récitation du Coran consacrée à la connaissance mutuelle entre les peuples. L’association, dont les membres viennent de plus de dix pays, a expliqué vouloir développer une mosquée de langue allemande. Elle a également évoqué une première collecte de sang organisée avec la Croix-Rouge.
Le soutien interreligieux à la journée dépasse les visites sur place. Comme le rapporte l’agence catholique autrichienne Kathpress, plusieurs responsables ont adressé des messages aux organisateurs. L’archevêque de Vienne, Josef Grünwidl, souligne que l’écoute et les conversations franches peuvent faire reculer la peur et le sentiment d’étrangeté. Le grand rabbin Jaron Engelmayer insiste sur le rôle des contacts personnels dans un vivre-ensemble moins marqué par les préjugés. L’évêque protestante Cornelia Richter voit dans ces portes ouvertes une occasion de découvrir un univers religieux parfois peu familier.
Parmi les messages publiés figurent aussi ceux de Gerhard Weißgrab, président de la Communauté religieuse bouddhiste d’Autriche, et de Simon Soucek, responsable régional de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours à Vienne. Le premier invite à poursuivre le dialogue malgré les revers ; le second met en avant la liberté religieuse, le respect réciproque et les échanges entre croyants de traditions différentes.
La manifestation existe depuis 2013. Cette année, les organisateurs l’inscrivent explicitement dans un contexte de tensions et d’incertitude. En Autriche, la place de l’islam demeure notamment au cœur des débats sur le port du hijab à l’école. Les portes ouvertes proposent, à leur échelle, un autre cadre de discussion : permettre aux habitants de rencontrer directement les personnes et les communautés dont il est question dans le débat public.
IMAGE MISE EN AVANT : La mosquée du Centre islamique de Vienne, photographiée en juin 2021. Image d’illustration. Crédit : Funke / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0




