Le christianisme est une religion monothéiste fondée sur la vie et l’enseignement de Jésus de Nazareth, appelé Jésus-Christ par les chrétiens. Il apparaît au Ier siècle de notre ère, dans une région qui correspond aujourd’hui principalement à Israël et aux territoires palestiniens. Jésus était juif, tout comme ses premiers disciples.
Après sa mort, ses disciples ont affirmé qu’il était ressuscité. Ils ont commencé à annoncer qu’il était le Messie attendu par le peuple juif et l’envoyé de Dieu venu apporter le salut aux êtres humains.
Le mot « Christ » vient d’un mot grec qui signifie « oint ». Une personne « ointe » est une personne sur laquelle on verse de l’huile lors d’une cérémonie religieuse pour montrer qu’elle a été choisie et consacrée par Dieu. Dire que Jésus est le Christ revient donc à dire qu’il est celui que Dieu a choisi et envoyé. Le mot hébreu « Messie » a le même sens.
Pour les chrétiens, Jésus est à la fois pleinement humain et pleinement divin. Ils croient qu’il est le Fils de Dieu venu parmi les êtres humains pour les rapprocher de Dieu et leur ouvrir le chemin du salut.
Les chrétiens croient en un Dieu unique. La plupart d’entre eux pensent que ce Dieu unique existe en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Cette croyance est appelée la Trinité. Il ne s’agit pas de trois dieux, mais d’un seul Dieu compris comme Père, Fils et Saint-Esprit.
Le livre sacré des chrétiens est la Bible. Elle se divise en deux grandes parties : l’Ancien Testament et le Nouveau Testament. L’Ancien Testament reprend une grande partie des textes sacrés du judaïsme. Le Nouveau Testament raconte la vie et l’enseignement de Jésus, les débuts du christianisme et les enseignements des premiers responsables chrétiens.
Les quatre textes principaux consacrés à la vie de Jésus sont appelés les Évangiles. Ils sont attribués à Matthieu, Marc, Luc et Jean. Le mot « Évangile » signifie « bonne nouvelle ».
Les principales pratiques chrétiennes sont la prière, la lecture de la Bible, la participation aux offices religieux et les actes de solidarité envers les autres. Les chrétiens accordent également une grande importance au pardon, à l’amour du prochain et à l’aide aux personnes dans le besoin.
Le baptême marque l’entrée dans la communauté chrétienne. Il est accompli avec de l’eau. Certaines Églises baptisent les enfants peu après leur naissance. D’autres préfèrent baptiser des adultes ou des adolescents capables d’exprimer eux-mêmes leur foi.
La plupart des chrétiens célèbrent aussi un repas religieux en mémoire du dernier repas de Jésus avec ses disciples. Selon les traditions, cette célébration est appelée messe, eucharistie, communion, sainte cène ou divine liturgie.
Le christianisme ne forme pas une organisation unique. Au cours de ses deux mille ans d’histoire, des désaccords religieux, culturels et politiques ont entraîné la naissance de nombreuses Églises. Celles-ci partagent la foi en Jésus-Christ, mais elles ne comprennent pas toujours de la même manière l’autorité religieuse, les cérémonies, les sacrements ou l’organisation des communautés.
On distingue généralement trois grandes branches : le catholicisme, l’orthodoxie et le protestantisme. Cette présentation reste simplifiée, car chacune de ces branches comprend elle-même plusieurs traditions.
Le catholicisme est la branche chrétienne qui reconnaît l’autorité du pape, l’évêque de Rome. Les catholiques considèrent que le pape a une responsabilité particulière pour guider l’Église dans le monde.
L’Église catholique est organisée en diocèses dirigés par des évêques. Les prêtres célèbrent la messe et accompagnent les fidèles dans leur vie religieuse. Dans l’Église catholique de tradition latine, les prêtres ne se marient généralement pas.
Les catholiques reconnaissent sept sacrements : le baptême, la confirmation, l’eucharistie, la confession, le mariage, l’ordination des prêtres et l’onction des malades. Un sacrement est un acte religieux considéré comme un signe de la présence et de l’action de Dieu.
Les catholiques accordent aussi une place importante à Marie, la mère de Jésus, et aux saints. Ils ne les considèrent pas comme des dieux. Ils les voient comme des personnes qui ont vécu d’une manière particulièrement proche de Dieu et qui peuvent servir de modèles.
Le catholicisme comprend plusieurs sensibilités. Certains catholiques sont attachés aux formes anciennes de la messe et aux traditions d’avant les réformes du XXe siècle. On les appelle souvent traditionalistes.
D’autres mettent surtout l’accent sur la justice sociale, la défense des plus pauvres et l’engagement dans la société. D’autres encore appartiennent au mouvement charismatique, qui accorde une grande place à la prière spontanée, à l’action du Saint-Esprit et à une expérience personnelle de la foi.
Il existe aussi des communautés catholiques qui utilisent des cérémonies et des traditions venues du christianisme oriental. Elles reconnaissent le pape, mais leur manière de célébrer peut être différente de celle des catholiques d’Europe occidentale.
L’orthodoxie est une autre grande branche du christianisme. Elle s’est principalement développée dans l’est de l’Europe, au Moyen-Orient et dans certaines régions d’Afrique et d’Asie.
La séparation entre les chrétiens d’Orient et les chrétiens d’Occident s’est faite progressivement. Elle est généralement associée à l’année 1054. Les orthodoxes ne reconnaissent pas l’autorité du pape sur l’ensemble des chrétiens.
Les Églises orthodoxes sont organisées en plusieurs Églises liées à des pays ou à des régions, par exemple les Églises de Grèce, de Russie, de Roumanie ou de Serbie. Elles partagent l’essentiel de leur foi et de leurs cérémonies, mais chacune possède sa propre organisation.
Aucun responsable orthodoxe ne possède une autorité comparable à celle du pape dans le catholicisme. Les grandes décisions doivent normalement être prises ensemble par les évêques.
Les orthodoxes accordent une grande importance à la beauté des cérémonies, aux chants, aux icônes, au jeûne et à la vie monastique. Une icône est une image religieuse représentant Jésus, Marie ou les saints. Elle n’est pas considérée comme une simple décoration, mais comme un support pour la prière.
La cérémonie principale des orthodoxes est appelée la divine liturgie. Elle correspond à la messe dans le catholicisme. Les orthodoxes reconnaissent également plusieurs grands sacrements, qu’ils appellent souvent des « mystères ».
La spiritualité orthodoxe insiste beaucoup sur la transformation intérieure de la personne. Le croyant cherche à se rapprocher progressivement de Dieu par la prière, les sacrements et une vie conforme à l’enseignement de Jésus.
Il existe plusieurs familles anciennes d’Églises orientales. Certaines se sont séparées du reste du christianisme dès les premiers siècles en raison de désaccords sur la manière d’expliquer la nature de Jésus. Elles ont leurs propres traditions, leurs propres responsables et leurs propres cérémonies. Pour un lecteur débutant, il suffit de retenir que l’orthodoxie ne forme pas un ensemble totalement uniforme.
Le protestantisme apparaît en Europe au XVIe siècle avec un mouvement appelé la Réforme. Des religieux et des théologiens comme Martin Luther et Jean Calvin contestent alors certaines pratiques de l’Église catholique et l’autorité du pape.
Les protestants affirment que le salut est un don de Dieu reçu par la foi. Ils donnent une place centrale à la Bible, qu’ils considèrent comme la principale autorité en matière de foi.
Le protestantisme ne possède ni pape ni direction mondiale unique. Il rassemble de très nombreuses Églises, parfois très différentes les unes des autres. Certaines sont anciennes et très organisées. D’autres sont des communautés locales indépendantes.
Les luthériens suivent principalement la tradition de Martin Luther. Ils insistent sur le fait que l’être humain est sauvé par la grâce de Dieu et non par ses seuls efforts. Leurs cérémonies peuvent parfois ressembler à celles des catholiques, mais la lecture de la Bible et la prédication y occupent une place très importante.
Les Églises réformées sont principalement liées à l’enseignement de Jean Calvin. Elles mettent également l’accent sur la Bible, la prédication et une organisation de l’Église dans laquelle les pasteurs et les membres de la communauté participent aux décisions.
L’anglicanisme est né en Angleterre au XVIe siècle, lorsque l’Église d’Angleterre s’est séparée de Rome. Il se situe, sur certains points, entre le catholicisme et le protestantisme. Il conserve des évêques, des prêtres et des cérémonies proches de celles du catholicisme, tout en suivant plusieurs idées de la Réforme.
Les baptistes considèrent généralement que le baptême doit être donné à une personne assez âgée pour choisir elle-même de devenir chrétienne. Ils ne baptisent donc pas habituellement les nourrissons. Chaque communauté baptiste dispose souvent d’une grande liberté d’organisation.
Les méthodistes sont issus d’un mouvement apparu en Angleterre au XVIIIe siècle. Ils insistent sur la conversion personnelle, la discipline de vie, l’aide aux autres et l’engagement social.
Les évangéliques forment une vaste famille protestante. Ils mettent l’accent sur la relation personnelle avec Jésus, la conversion, l’autorité de la Bible et l’annonce de l’Évangile. Ils ne forment pas une seule Église et peuvent appartenir à différentes traditions protestantes.
Le pentecôtisme est apparu au début du XXe siècle. Les pentecôtistes insistent sur l’action directe du Saint-Esprit dans la vie du croyant. Leurs cultes sont souvent très vivants, avec des prières spontanées, des chants et parfois des pratiques comme la guérison, la prophétie ou le parler en langues.
Le parler en langues désigne une forme de prière dans laquelle une personne prononce des sons ou des paroles qu’elle ne comprend pas elle-même et qu’elle considère comme inspirés par le Saint-Esprit.
Il existe aussi des mouvements charismatiques dans d’autres branches du christianisme, notamment dans le catholicisme et dans certaines Églises protestantes traditionnelles. Ils partagent avec les pentecôtistes l’importance accordée à l’expérience du Saint-Esprit.
Certaines familles protestantes insistent particulièrement sur la non-violence, la simplicité de vie et la vie communautaire. D’autres mettent davantage l’accent sur l’action sociale, l’éducation, la mission ou la liberté de conscience.
À côté de ces grandes branches, il existe de nombreuses Églises indépendantes, notamment en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Certaines ont adapté les formes du christianisme aux cultures locales. D’autres sont nées autour de prédicateurs, de mouvements de réveil religieux ou de grands réseaux internationaux.
Malgré leurs différences, la plupart des chrétiens partagent plusieurs croyances essentielles. Ils croient en un Dieu créateur, reconnaissent Jésus-Christ comme le centre de leur foi, croient à sa mort et à sa résurrection, utilisent la Bible, pratiquent le baptême et se rassemblent pour prier.
Les principaux désaccords concernent la manière dont l’Église doit être dirigée, l’autorité du pape, le rôle de la tradition, le nombre et le sens des sacrements, la place de Marie et des saints, le mariage des prêtres et l’interprétation de certains passages de la Bible.
Depuis le XXe siècle, de nombreuses Églises chrétiennes cherchent à mieux dialoguer entre elles. Ce mouvement est appelé l’œcuménisme. Son objectif n’est pas toujours de réunir toutes les Églises en une seule, mais au moins de réduire les divisions, de mieux se comprendre et de travailler ensemble.
Le christianisme est donc à la fois une religion fondée sur la foi en Jésus-Christ et un ensemble très divers de traditions. Tous les chrétiens ne prient pas de la même manière, n’ont pas les mêmes responsables religieux et ne comprennent pas tous leur foi de façon identique. Ils partagent néanmoins une histoire commune et la conviction que la vie et l’enseignement de Jésus ont une importance centrale pour la relation entre Dieu et les êtres humains.





























