Un imam est, au sens le plus courant, la personne qui dirige la prière collective des musulmans. Le mot vient de l’arabe imām, qui signifie « celui qui est devant », « guide » ou « chef ». Lorsqu’un groupe de musulmans prie ensemble, l’imam se place devant les fidèles et guide les différentes étapes de la prière : récitations, inclinaisons et prosternations. Les personnes qui prient derrière lui suivent ses mouvements. Cette fonction de direction de la prière est l’un des sens les plus anciens et les plus répandus du mot.
Dans l’islam sunnite, l’imam n’est pas l’équivalent exact d’un prêtre chrétien. Il ne possède pas, du seul fait de sa fonction, un pouvoir particulier lui permettant d’établir une relation entre Dieu et les croyants. Il n’administre pas de sacrements et il n’existe pas d’ordination universellement nécessaire pour devenir imam. En principe, une personne possédant les connaissances nécessaires et capable de conduire correctement la prière peut remplir cette fonction. Il est ainsi possible, lors d’une prière réunissant quelques personnes, qu’un membre du groupe soit simplement choisi pour diriger les autres.
Dans une mosquée, le mot désigne cependant souvent une fonction beaucoup plus large. L’imam peut être le responsable religieux régulier de la communauté. Il dirige les prières, enseigne le Coran et les principes de l’islam, répond aux questions des fidèles et peut les conseiller dans leur vie religieuse ou familiale. Il intervient fréquemment lors des mariages, des funérailles et d’autres moments importants de la vie, même si sa présence n’a pas, dans l’islam sunnite, la même signification sacramentelle que celle d’un prêtre dans certaines Églises chrétiennes.
Le vendredi, jour de la grande prière collective musulmane, un sermon appelé khutba est prononcé avant la prière. Celui qui prononce ce sermon est appelé khatib. Dans de nombreuses mosquées, l’imam est également le khatib, mais les deux fonctions peuvent être exercées par des personnes différentes. Le sermon contient généralement des enseignements religieux, des commentaires sur le Coran ou des réflexions morales et sociales.
La formation des imams varie considérablement selon les pays et les communautés. Certains ont suivi pendant plusieurs années des études consacrées au Coran, à la langue arabe, aux paroles et traditions attribuées au prophète Muhammad — les hadiths — ainsi qu’au droit musulman. D’autres ont reçu une formation moins institutionnelle. Leur statut varie également : un imam peut être employé par une mosquée ou une association, rémunéré par l’État dans certains pays, ou exercer sa fonction bénévolement.
Le mot imam possède aussi d’autres significations dans l’histoire de l’islam. De grands savants musulmans sont traditionnellement appelés « imam » en signe de respect. C’est notamment le cas des fondateurs des quatre grandes écoles juridiques du sunnisme, comme l’imam Abou Hanifa, l’imam Malik, l’imam al-Chafi‘i ou l’imam Ahmad ibn Hanbal. Dans l’histoire politique musulmane, le terme a également pu désigner le dirigeant de l’ensemble de la communauté et être employé dans un sens proche de celui de calife.
Dans l’islam chiite, le mot imam désigne également la personne qui dirige la prière collective. Mais il possède aussi une signification religieuse beaucoup plus profonde. Les Imams, au sens théologique du terme, sont considérés comme les héritiers légitimes de l’autorité spirituelle du prophète Muhammad au sein de sa famille. Ils occupent une place centrale dans la foi chiite et sont investis d’une autorité religieuse particulière. Ali, cousin et gendre de Muhammad et époux de sa fille Fatima, est considéré comme le premier Imam.
Les chiites duodécimains, qui constituent la principale branche du chiisme, reconnaissent une succession de douze Imams. Le dernier, Muhammad al-Mahdi, serait entré en occultation au IXe siècle. Selon leur croyance, il n’est pas mort mais demeure caché et reviendra à la fin des temps. D’autres branches du chiisme, notamment l’ismaélisme, ont une conception différente de la succession des Imams. Il faut ainsi distinguer l’imam qui dirige quotidiennement la prière dans une mosquée des Imams qui occupent une place particulière dans la théologie chiite.
Des femmes peuvent également exercer des fonctions importantes d’enseignement et de direction religieuse dans les communautés musulmanes. La direction par une femme d’une prière composée uniquement de femmes est admise dans différentes traditions. La question de savoir si une femme peut diriger une prière collective réunissant hommes et femmes fait en revanche l’objet de désaccords entre musulmans et demeure une pratique très minoritaire.
Il n’existe donc pas « un imam » qui dirigerait l’ensemble de l’islam, ni une hiérarchie mondiale des imams. Selon le contexte, ce mot peut désigner simplement celui qui conduit une prière, le responsable religieux d’une mosquée, un grand savant ou, dans le chiisme, une figure centrale de l’autorité spirituelle. Dans son usage quotidien, toutefois, lorsqu’on parle de « l’imam d’une mosquée », on désigne généralement la personne chargée de guider la prière et d’accompagner religieusement la communauté.




