Le monothéisme est une croyance religieuse selon laquelle il existe un seul Dieu. Il s’oppose au polythéisme, qui reconnaît l’existence de plusieurs divinités. Le mot vient du grec monos, qui signifie « seul » ou « unique », et theos, qui signifie « dieu ».
Dans une religion monothéiste, Dieu est considéré comme une réalité unique, qui ne peut être divisée en plusieurs dieux indépendants. Il est souvent présenté comme le créateur de l’univers, la source de toute existence et l’autorité suprême. Cependant, les religions monothéistes ne partagent pas toutes la même conception de sa nature, de ses attributs ou de ses relations avec les êtres humains.
Les trois religions les plus fréquemment associées au monothéisme sont le judaïsme, le christianisme et l’islam. Elles sont également appelées religions abrahamiques, car elles reconnaissent toutes, bien que de manières différentes, une place importante à Abraham.
Dans le judaïsme, l’unicité de Dieu est un principe fondamental. Elle est notamment exprimée dans le Shema Israël, une prière centrale de la tradition juive, qui proclame l’unité de Dieu. Celui-ci est considéré comme le créateur du monde et le Dieu de l’Alliance avec le peuple d’Israël. Il ne peut être représenté par une image matérielle et sa relation avec les êtres humains s’exprime notamment à travers la Torah et ses commandements.
Le christianisme affirme également l’existence d’un seul Dieu. La majorité des Églises chrétiennes, notamment catholiques, orthodoxes et protestantes, enseignent la doctrine de la Trinité. Selon cette conception, Dieu est unique, mais existe en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Pour ces Églises, il ne s’agit pas de trois dieux, mais d’un seul Dieu en trois personnes distinctes. Certains courants chrétiens, comme l’unitarisme, rejettent cependant cette doctrine et défendent une conception strictement unitaire de Dieu.
Dans l’islam, l’unicité divine est exprimée par le concept de tawhid. Dieu, appelé Allah en arabe, est absolument unique et ne possède aucun associé. Cette affirmation occupe une place centrale dans la profession de foi musulmane, la shahada, qui déclare qu’il n’y a de divinité que Dieu. L’islam considère notamment Abraham, Moïse et Jésus comme des prophètes, mais rejette toute idée selon laquelle Jésus serait lui-même Dieu.
Le monothéisme ne se limite toutefois pas à ces trois religions.
Le sikhisme, apparu dans le nord de l’Inde à partir de la fin du XVe siècle, affirme l’existence d’une réalité divine unique, éternelle et présente dans toute la création. Cette idée est exprimée par la formule Ik Oankar, placée au début du Guru Granth Sahib, le livre sacré des sikhs. Le Sikh Research Institute souligne que cette réalité divine n’est pas réservée à une communauté particulière, mais concerne l’ensemble de l’humanité.
Le bahá’ísme, né au XIXe siècle en Perse, enseigne également l’unicité de Dieu. Il affirme que les grandes religions ont une origine divine commune et que leurs fondateurs ont apporté des révélations adaptées aux différentes périodes de l’histoire humaine. L’unité de Dieu, celle des religions et celle de l’humanité constituent trois principes essentiels de cette tradition.
Le yézidisme, religion originaire du Moyen-Orient, reconnaît lui aussi un Dieu unique, créateur de l’univers. Dans cette tradition, Dieu a confié la conduite du monde à sept êtres saints, dont le principal est Tawûsê Melek, l’Ange-Paon. Ces êtres ne sont pas considérés comme des dieux concurrents.
Le zoroastrisme, ancienne religion iranienne, accorde une place centrale à Ahura Mazda, divinité suprême associée à la sagesse et au bien. Sa classification parmi les monothéismes fait cependant l’objet de discussions, en raison notamment de la place importante qu’y occupe l’opposition entre les forces du bien et du mal.
La frontière entre monothéisme et polythéisme n’est d’ailleurs pas toujours aussi simple qu’elle paraît. Certaines traditions de l’hindouisme reconnaissent une réalité divine suprême dont plusieurs divinités peuvent être comprises comme des manifestations. D’autres privilégient une divinité particulière sans nécessairement nier l’existence des autres.
Les historiens des religions utilisent également les notions de monolâtrie et d’hénothéisme. La monolâtrie désigne le culte exclusif d’une divinité sans nécessairement nier l’existence d’autres dieux. L’hénothéisme désigne généralement une forme de croyance dans laquelle une divinité occupe une position supérieure, sans que les autres soient totalement exclues.
Ces distinctions sont importantes pour comprendre l’apparition historique des monothéismes. Les chercheurs considèrent généralement que les croyances ont évolué progressivement, parfois à partir de traditions dans lesquelles plusieurs divinités étaient reconnues. L’histoire du monothéisme ancien demeure un sujet de recherche et de débat, comme le rappelle la Stanford Encyclopedia of Philosophy.
Enfin, le monothéisme ne doit pas être confondu avec le déisme, qui admet l’existence d’un Dieu créateur sans nécessairement reconnaître une révélation religieuse, ni avec le panthéisme, qui identifie le divin à l’ensemble de la réalité.
Le monothéisme désigne donc avant tout une conception de l’unicité divine, et non une religion particulière. Cette croyance peut s’accompagner de doctrines, de pratiques et de traditions très différentes. Elle constitue l’un des grands modèles religieux à travers lesquels les sociétés humaines ont cherché à comprendre l’origine du monde, la nature du divin et la place de l’être humain dans l’univers.




