Un jeune homme de 19 ans a été arrêté près de Chicago, soupçonné d’avoir préparé une attaque contre des fidèles hindous. Selon l’accusation, son arme se serait enrayée lors d’un premier déplacement. L’alerte donnée par des collègues a ensuite permis son arrestation, avant un éventuel retour sur les lieux.
La police de Palatine, dans l’Illinois, a annoncé le 14 octobre l’arrestation d’Alexandros Paporakis, soupçonné d’avoir préparé une tuerie dans un lieu de culte hindou de la région d’Aurora, à l’ouest de Chicago. Le jeune homme est poursuivi pour menace terroriste et détention illégale d’une arme. Un juge du comté de Cook a ordonné son maintien en détention dans l’attente de la procédure, dont la prochaine audience est prévue le 30 octobre.
Les premières informations laissaient subsister une incertitude sur le lieu précisément visé. Mais les précisions apportées le 15 octobre par la police renforcent le scénario d’une attaque préparée contre un temple : les enquêteurs ont retrouvé des images de vidéosurveillance montrant un véhicule enregistré au nom du suspect entrant dans le parking d’un sanctuaire hindou d’Aurora, le dimanche 11 octobre. Ils estiment, à ce stade, qu’il préparait son action seul.
Selon les éléments présentés par le parquet, Paporakis aurait effectué ce déplacement avec un fusil de type AR, des munitions et des équipements de protection. Il aurait ensuite expliqué à un collègue que son arme s’était enrayée et qu’il avait quitté les lieux rapidement. De retour chez lui, il aurait cherché comment la réparer, avant d’évoquer la possibilité de recommencer.
Le rôle de ses collègues apparaît déterminant. Employé dans un restaurant Taco Bell d’Arlington Heights, le suspect leur aurait adressé des messages alarmants, des photographies d’une arme et d’équipements tactiques, ainsi qu’un texte exposant son projet. Un signalement transmis à la police de Mount Prospect a permis de mobiliser les agents de Palatine, où il résidait. Il a été arrêté le 11 octobre, avant de pouvoir revenir au temple, selon les autorités.
La perquisition de son domicile a conduit à la découverte d’un fusil, de plusieurs chargeurs approvisionnés, de centaines de cartouches et d’un gilet de protection. Le quotidien local Daily Herald rapporte également la saisie d’un écusson associé à l’extrémisme suprémaciste blanc. Le FBI et la police d’Aurora participent à l’enquête.
Les investigations portent notamment sur un document de huit pages attribué au jeune homme. D’après la police et les pièces judiciaires consultées par la presse américaine, ce texte exprime une idéologie suprémaciste blanche et néonazie, ainsi qu’une volonté de tuer des personnes d’origine indienne, des juifs et des Afro-Américains. Des collègues ont aussi déclaré qu’il tenait ouvertement des propos racistes sur son lieu de travail.
Le choix présumé d’un temple hindou croise ainsi une haine raciale et une cible religieuse : l’accusation décrit un projet dirigé contre des personnes d’origine indienne réunies pour pratiquer leur culte. Rien ne permet cependant d’attribuer au suspect l’appartenance à une organisation structurée. Les enquêteurs cherchent encore à reconstituer la préparation du projet et ses éventuels échanges avec d’autres personnes.
Le député démocrate de l’Illinois Raja Krishnamoorthi a révélé, dans un communiqué publié le 15 octobre, qu’il se trouvait dans le temple avec sa famille au moment des faits présumés. Il a remercié les collègues ayant alerté la police et les agents intervenus. « Chaque Américain mérite de vivre et de pratiquer son culte sans peur », a-t-il déclaré, selon notre traduction.
Les responsables du sanctuaire ont annoncé un renforcement immédiat de la sécurité, comprenant une présence accrue d’agents armés. Selon NBC Chicago, le temple disposait déjà d’un dispositif de protection. La police d’Aurora a également pris contact avec les autres lieux de culte hindous de son territoire pour les informer de la menace.
Cette affaire intervient alors que la protection de l’accès aux lieux de culte fait l’objet de débats dans plusieurs États américains. En septembre, la Californie a adopté une loi créant une zone de protection autour de leurs entrées, principalement destinée à prévenir les intimidations et les entraves imposées aux fidèles. Le dossier de l’Illinois concerne une menace armée d’une tout autre gravité.
Paporakis demeure présumé innocent. Son avocat commis d’office a rappelé à NBC Chicago que les déclarations de la police et du parquet constituent, à ce stade, des accusations. L’enquête doit encore établir précisément les actes accomplis sur place et déterminer si d’autres poursuites sont justifiées.




