Donald Trump a annoncé le 15 octobre l’abandon de la retransmission en direct de l’exécution de Nidal Hasan. Le projet avait suscité une forte opposition religieuse et politique. Les organisations catholiques saluent ce recul, tout en maintenant leur demande d’annulation de l’exécution elle-même.
L’exécution de Nidal Malik Hasan ne sera finalement pas diffusée en direct. Donald Trump l’a annoncé jeudi 15 octobre, une semaine après la controverse déclenchée par le projet du Pentagone. L’ancien psychiatre militaire, condamné à mort pour avoir tué treize personnes et blessé trente-deux autres sur la base de Fort Hood, au Texas, en 2009, doit toujours être fusillé le 3 décembre.
Ce revirement intervient après les protestations que Religactu avait présentées dans son article du 10 octobre, « Exécution en direct : les catholiques dénoncent le retour des jeux du cirque ». Les responsables catholiques y dénonçaient la transformation d’une mise à mort en spectacle public, au-delà de leur opposition à la peine capitale.
Dans son message, Donald Trump continue de défendre l’idée qu’une retransmission aurait pu produire un effet dissuasif. Il reconnaît cependant que de nombreuses personnes bien intentionnées ne souhaitent pas regarder mourir le condamné. « Il mourra, comme prévu, devant un peloton d’exécution, mais cet événement ne sera pas diffusé », écrit-il, selon les propos rapportés par Religion News Service, traduits de l’anglais.
La décision ne modifie donc pas le calendrier annoncé par l’armée. Le communiqué militaire du 7 octobre précise que le président avait approuvé la peine de mort le 2 octobre, avant que la date et les modalités de l’exécution soient fixées. Le renoncement concerne sa diffusion auprès du grand public.
Le Catholic Mobilizing Network, organisation engagée contre la peine capitale, accueille cette annonce comme une avancée limitée. Dans sa réaction publiée le 15 octobre, sa directrice, Krisanne Vaillancourt Murphy, remercie le président d’avoir entendu l’opposition de responsables religieux et politiques. Abandonner la retransmission constitue « un pas dans la bonne direction », estime-t-elle, tout en rappelant que « toute exécution est un échec ».
L’organisation demande que Hasan ne soit pas exécuté. Elle souligne également les conséquences psychologiques de ces mises à mort pour les personnels pénitentiaires, les militaires et les témoins. Pour elle, la protection de la dignité humaine demeure nécessaire même lorsque le crime commis appelle une condamnation sans réserve.
La mobilisation catholique avait pris une dimension particulière au sein de l’armée. Le 12 octobre, l’archevêque Timothy Broglio, responsable de l’accompagnement spirituel des militaires catholiques américains, avait demandé aux catholiques éventuellement affectés au peloton d’exécution de solliciter une dispense. Il interrogeait aussi les blessures morales susceptibles d’affecter les soldats chargés de tuer le condamné et l’effet des images sur les jeunes spectateurs.
L’opposition dépassait largement le catholicisme. Des responsables évangéliques, épiscopaliens, méthodistes et juifs réformés avaient condamné le projet. Dans une lettre pastorale du 12 octobre, les évêques de l’Église méthodiste unie affirmaient que diffuser une mort n’honorait pas les victimes. Ils rappelaient également que les musulmans ne devaient pas être rendus responsables du crime d’un homme ayant prétendu agir au nom de l’islam.
Cette convergence religieuse s’accompagnait d’une opposition très majoritaire dans l’opinion. Un sondage Washington Post–ABC News–Ipsos, réalisé du 9 au 13 octobre auprès de 2 545 adultes, indique que 80 % des personnes interrogées rejettent la retransmission, alors que 53 % soutiennent l’exécution par peloton. Refuser de regarder une mise à mort ne signifie donc pas nécessairement s’opposer à la peine capitale.
Quelques pasteurs évangéliques, dont Robert Jeffress et Doug Wilson, avaient néanmoins soutenu la diffusion. Interrogés après l’annonce présidentielle, tous deux ont déclaré approuver son abandon, sans renoncer pour autant à leurs arguments antérieurs en faveur des exécutions publiques.
Les critiques venant aussi d’élus républicains et démocrates, le revirement ne peut être attribué aux seules protestations religieuses. Celles-ci ont cependant donné une expression particulièrement nette au refus du spectacle. Pour les organisations catholiques mobilisées, une première décision a été obtenue : la mort de Hasan ne sera pas offerte aux écrans du monde entier. Leur demande centrale demeure : empêcher cette mise à mort.
Cette mobilisation s’inscrit dans un débat plus large sur les positions des différentes religions face à la peine de mort, entre opposition absolue, acceptation sous conditions et neutralité institutionnelle.




