samedi, octobre 10, 2026
  • Se connecter
Religactu
  • France
  • Monde
  • Liberté de religion
  • Traditions et croyances
  • Interreligieux
  • Qui et Pourquoi ?
  • Dictionnaire simple des religions
Pas de résultat
Voir tous les résultats
  • France
  • Monde
  • Liberté de religion
  • Traditions et croyances
  • Interreligieux
  • Qui et Pourquoi ?
  • Dictionnaire simple des religions
Pas de résultat
Voir tous les résultats
Religactu
Pas de résultat
Voir tous les résultats

Miviludes et évêques de France : une convention qui menace la laïcité et l’égalité des religions

Sarah Berger par Sarah Berger
10 octobre 2026 à 13 h 54
in France
0
Share on FacebookShare on TwitterShare on LinkedinShare on PinterestShare on Reddit
Genre éditorial Critique

La convention signée le 6 octobre 2026 entre la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) et la Conférence des évêques de France (CEF) est présentée comme une avancée dans la protection des victimes d’abus. Pourtant, derrière cet objectif consensuel se dessine un dispositif préoccupant, qui accorde à certaines autorités religieuses une influence privilégiée sur l’action de l’État. Une évolution difficilement conciliable avec les principes de laïcité, de neutralité et d’égalité entre les religions.

Selon le communiqué conjoint du 7 octobre, l’accord, conclu pour deux ans renouvelables, prévoit un échange structuré d’informations et de signalements, une analyse commune des facteurs de risque, des actions de prévention et des formations. Les deux institutions se réuniront régulièrement pour évaluer les alertes et définir leurs priorités. Le dispositif sera notamment articulé avec le service « Emprise et dérives sectaires dans l’Église catholique » de la CEF.

Cette coopération soulève une question fondamentale : pourquoi une institution religieuse devrait-elle bénéficier d’un canal privilégié auprès d’un organisme public chargé de prévenir les comportements abusifs ?

La loi de 1905 repose sur la séparation des Églises et de l’État. La laïcité n’interdit pas aux pouvoirs publics de dialoguer avec des responsables religieux. Mais elle impose que l’État conserve son indépendance, sans privilégier certaines confessions ni faire dépendre son action des appréciations d’une autorité religieuse.

Or, la convention prévoit précisément que la CEF participe à l’identification des situations problématiques et à l’analyse des risques. Elle crée ainsi un circuit institutionnel dans lequel une hiérarchie confessionnelle devient une interlocutrice privilégiée pour apprécier des comportements au sein de sa propre tradition religieuse.

Le risque concerne d’abord les victimes. La recherche des infractions, les enquêtes et les poursuites relèvent des autorités publiques compétentes. Une organisation religieuse qui reçoit des signalements peut naturellement transmettre des informations. Mais elle peut aussi choisir les situations qu’elle porte à la connaissance de son partenaire, en traiter d’autres en interne ou orienter son attention vers certains groupes plutôt que d’autres. Une convention de coopération ne garantit nullement l’exhaustivité des informations transmises.

Le problème devient plus sérieux encore avec la notion d’« abus spirituel », désormais très présente dans les réflexions de l’Église catholique sur les violences et les dérives internes.

Contrairement à un viol, une agression sexuelle ou une escroquerie, l’abus spirituel ne correspond pas à une infraction définie par le droit pénal français. Dans le contexte catholique, il s’agit d’une notion élaborée à partir de considérations théologiques et ecclésiastiques portant notamment sur la foi, la conscience, l’obéissance et l’autorité religieuse.

Un rapport publié en janvier 2026, consacré aux abus spirituels chez les Bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre, en donne une illustration. Il définit théologiquement l’abus spirituel comme une manipulation de la foi d’une personne et, sur le plan canonique, comme un détournement du pouvoir ecclésiastique portant sur sa vie spirituelle.

Le Vatican lui-même poursuit un travail de définition. Dans un document de novembre 2024, le Dicastère pour la doctrine de la foi a proposé d’étudier la création d’un délit d’abus spirituel dans le droit de l’Église. Les travaux du groupe chargé de cette question se poursuivaient en octobre 2025.

Cette réflexion s’inscrit dans un univers religieux où la distinction entre une pratique spirituelle acceptable et une pratique condamnable peut faire intervenir l’interprétation de la doctrine catholique. Les normes du Vatican relatives au discernement des phénomènes surnaturels retiennent ainsi, parmi leurs critères, l’orthodoxie doctrinale et les risques de division au sein de l’Église.

Ces considérations relèvent légitimement de l’autonomie religieuse de l’Église catholique. Elles ne sauraient devenir des critères d’intervention de la puissance publique.

Car une communauté catholique peut adopter une spiritualité différente, contester certaines orientations de sa hiérarchie ou défendre une interprétation particulière de la tradition sans commettre la moindre infraction. Pourtant, dans le cadre de tensions internes, de telles divergences pourraient être présentées comme des manifestations d’abus spirituel ou des signes de dérive.

Une autorité ecclésiastique pourrait alors utiliser son accès privilégié à la Miviludes pour attirer l’attention de l’administration sur des mouvements dissidents, des communautés indépendantes ou des courants avec lesquels elle entretient des différends. L’État risque ainsi de devenir un instrument de règlement de conflits internes à une religion.

C’est précisément le type de situation que la séparation des Églises et de l’État doit empêcher. La puissance publique n’a pas à déterminer quelle interprétation de la foi catholique serait légitime, quelle spiritualité serait acceptable ou quel courant devrait être considéré comme déviant.

Enfin, cette politique introduit une inégalité entre les communautés religieuses. La Miviludes avait déjà signé des conventions avec la Fédération protestante de France en novembre 2025, puis avec la Conférence des religieux et religieuses de France en juillet 2026.

Qu’en est-il des communautés qui ne disposent pas d’une telle convention ? Des religions minoritaires, des mouvements indépendants et des groupes qui ne reconnaissent aucune autorité nationale commune ? Pourquoi certaines organisations confessionnelles bénéficieraient-elles de relations institutionnelles permanentes, de formations communes et d’un accès privilégié aux responsables de la Miviludes, tandis que d’autres en seraient dépourvues ?

La protection des victimes doit être assurée par des mécanismes publics indépendants, accessibles à tous, fondés sur les faits et les règles de droit. Elle ne doit dépendre ni de l’appartenance religieuse, ni de l’autorité d’une hiérarchie confessionnelle, ni de la qualité de ses relations avec l’administration.

En multipliant les conventions sélectives avec des institutions religieuses, la Miviludes prend le risque de transformer sa mission de protection des citoyens en un système de partenariats confessionnels privilégiés. La République n’a pas à déléguer aux autorités religieuses le soin de déterminer quelles pratiques spirituelles méritent l’attention de l’État. Elle doit protéger les personnes contre les abus, protéger la liberté de culte, et non arbitrer les orthodoxies religieuses.

Newsletter-Religactu Miviludes et évêques de France : une convention qui menace la laïcité et l’égalité des religions

Inscrivez-vous à notre newsletter !

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

Vérifiez votre boite de réception ou votre répertoire d’indésirables pour confirmer votre abonnement.

Article qui précéde

Exécution en direct : les catholiques dénoncent le retour des jeux du cirque

Article qui suit

Peine de mort : ce qu’en disent réellement les grandes religions du monde

Sarah Berger

Sarah Berger

Journaliste passionnée de littérature mais aussi de spiritualité, Sarah a commencé sa carrière dans l'humanitaire il y a quelques années, avant de revenir à sa vocation première de journaliste. Elle est titulaire d'un master en journalisme mais aussi d'une licence en sociologie.

SVP login pour rejoindre la discussion
Newsletter Religactu

Inscrivez-vous à notre newsletter !

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

Vérifiez votre boite de réception ou votre répertoire d’indésirables pour confirmer votre abonnement.

Contact

Illustration d’un culte chrétien évangélique, avec chants, musique et prières collectives, des pratiques courantes dans de nombreuses Églises évangéliques.
Dictionnaire simple des religions

DictionnaireÉvangélisme

L’évangélisme, également appelé christianisme évangélique, est un courant du christianisme protestant qui accorde une importance particulière à la Bible, à ...

10 octobre 2026 à 17 h 26
Illustration d’un baptême par immersion, pratique caractéristique des Églises baptistes, qui réservent ce rite aux personnes professant personnellement leur foi.
Dictionnaire simple des religions

DictionnaireBaptisme

Le baptisme est un courant du christianisme protestant qui se distingue principalement par sa conception du baptême, réservé aux personnes ...

10 octobre 2026 à 15 h 59
Un imam dirige la prière collective des fidèles dans une mosquée.
Dictionnaire simple des religions

DictionnaireImam

Un imam est, au sens le plus courant, la personne qui dirige la prière collective des musulmans. Le mot vient ...

9 octobre 2026 à 11 h 40
Taoisme
Dictionnaire simple des religions

DictionnaireTaoïsme

Le taoïsme est une tradition religieuse et philosophique chinoise vieille de plus de deux mille ans. Il cherche à comprendre ...

1 octobre 2026 à 13 h 10
Confucius
Dictionnaire simple des religions

DictionnaireConfucianisme

Le confucianisme est une tradition religieuse, morale et philosophique née en Chine autour des enseignements de Confucius (551-479 avant notre ...

1 octobre 2026 à 12 h 56

Articles récents

  • Angola : une députée dénonce les risques de la nouvelle loi sur les religions 10 octobre 2026 à 18 h 36
  • Évangélisme 10 octobre 2026 à 17 h 26
  • Baptisme 10 octobre 2026 à 15 h 59
  • Peine de mort : ce qu’en disent réellement les grandes religions du monde 10 octobre 2026 à 14 h 54
  • Miviludes et évêques de France : une convention qui menace la laïcité et l’égalité des religions 10 octobre 2026 à 13 h 54
  • Exécution en direct : les catholiques dénoncent le retour des jeux du cirque 10 octobre 2026 à 10 h 59
  • Les crimes de haine religieuse augmentent de 13 % en Angleterre et au pays de Galles 9 octobre 2026 à 12 h 20
  • Combien y a-t-il de bouddhistes en France ? 9 octobre 2026 à 11 h 57
  • Imam 9 octobre 2026 à 11 h 40
  • Registres de baptême : un nom simplement barré ne suffirait pas au regard du RGPD 6 octobre 2026 à 11 h 43

Catégories

  • Des communautés
  • Dictionnaire simple des religions
  • Événements
  • France
  • Interreligieux
  • Liberté de religion
  • Littérature
  • Monde
    • Afghanistan
    • Afrique du Sud
    • Albanie
    • Algérie
    • Allemagne
    • Angola
    • Arabie Saoudite
    • Argentine
    • Arménie
    • Australie
    • Autriche
    • Azerbaïdjan
    • Belarus
    • Belgique
    • Bénin
    • Birmanie
    • Bosnie-Herzégovine
    • Brésil
    • Bulgarie
    • Cabo Verde
    • Cambodge
    • Cameroun
    • Canada
    • Chili
    • Chine
    • Chypre
    • Colombie
    • Corée du Sud
    • Costa Rica
    • Cuba
    • Danemark
    • Égypte
    • Emirats Arabes Unis
    • Espagne
    • Estonie
    • États-Unis
    • Ethiopie
    • Géorgie
    • Ghana
    • Grèce
    • Haïti
    • Hongrie
    • Inde
    • Indonésie
    • Irak
    • Iran
    • Irlande
    • Israël
    • Italie
    • Japon
    • Jordanie
    • Kazakhstan
    • Kenya
    • Kirghizstan
    • Libye
    • Malaisie
    • Malawi
    • Népal
    • Nicaragua
    • Nigeria
    • Norvège
    • Nouvelle-Zélande
    • Ouzbékistan
    • Pakistan
    • Palestine
    • Pays-Bas
    • Pérou
    • Pologne
    • Portugal
    • Qatar
    • République Démocratique du Congo
    • Royaume-Uni
    • Russie
    • Samoa
    • Sénégal
    • Serbie
    • Slovaquie
    • Soudan
    • Sri Lanka
    • Suède
    • Suisse
    • Syrie
    • Tadjikistan
    • Taïwan
    • Tchéquie
    • Thaïlande
    • Tibet
    • Togo
    • Turquie
    • Ukraine
    • Union Européenne
    • Vatican
    • Venezuela
    • Vietnam
    • Zimbabwe
  • Traditions et croyances

Catégories

  • Politique de confidentialité
  • Politique de cookies (UE)
  • Charte éditoriale de ReligActu.fr
  • Mentions légales
  • Genres éditoriaux de Religactu

© 2026 religactu

Pas de résultat
Voir tous les résultats
  • France
  • Monde
  • Liberté de religion
  • Traditions et croyances
  • Interreligieux
  • Qui et Pourquoi ?
  • Dictionnaire simple des religions

© 2026 religactu

Welcome Back!

Connectez-vous à votre compte ci-dessous

Mot de passe oublié ?

Récupérer votre mot de passe

Entrez votre nom d'utilisateur ou votre email pour réinitialiser votre mot de passe

Se connecter

Add New Playlist

Gérer le consentement aux cookies
Pour vous offrir les meilleures expériences de navigation, nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou le nombre d'identités uniques qui se connectent sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctions.
Fonctionnel Toujours activé
Le stockage ou l’accès technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’internaute, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou la personne utilisant le service.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques. Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire pour créer des profils d’internautes afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’internaute sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.
  • Gérer les options
  • Gérer les services
  • Gérer {vendor_count} fournisseurs
  • En savoir plus sur ces finalités
Voir les préférences
  • {title}
  • {title}
  • {title}