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Peine de mort : ce qu’en disent réellement les grandes religions du monde

Sarah Berger par Sarah Berger
10 octobre 2026 à 14 h 54
in Traditions et croyances
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Genre éditorial Repères

La peine de mort divise les sociétés, mais aussi les religions. Certaines confessions religieuses la rejettent catégoriquement, d’autres l’admettent sous certaines conditions, tandis que plusieurs traditions connaissent d’importantes divergences internes. Des textes sacrés autorisent des exécutions que leurs fidèles contemporains peuvent considérer comme moralement inacceptables. À l’inverse, des religions souvent associées à la non-violence ont historiquement accepté des sanctions capitales. Tour d’horizon des positions du christianisme, de l’islam, du judaïsme et des principales traditions religieuses du monde, sans oublier plusieurs religions minoritaires.

Pour comprendre ces positions, il faut distinguer trois niveaux : les prescriptions contenues dans les textes anciens, leurs interprétations théologiques et les déclarations officielles des institutions religieuses contemporaines. Une religion peut reconnaître historiquement la légitimité de la peine capitale tout en militant aujourd’hui pour son abolition. Elle peut également laisser à ses fidèles la liberté de se prononcer sur une question considérée comme relevant de la législation civile.

Dans le catholicisme, un changement doctrinal majeur

L’Église catholique rejette aujourd’hui officiellement la peine de mort, mais cette position résulte d’une évolution historique importante.

Pendant des siècles, la théologie catholique a admis le droit des autorités civiles à exécuter les auteurs de crimes particulièrement graves. Thomas d’Aquin, notamment, justifiait la peine capitale lorsqu’elle était considérée comme nécessaire à la protection du bien commun.

La position de l’Église a progressivement évolué au XXe siècle, particulièrement sous Jean-Paul II, qui estimait que les situations justifiant une exécution étaient devenues extrêmement rares, voire pratiquement inexistantes.

Le changement décisif intervient en août 2018. À la demande du pape François, le paragraphe 2267 du Catéchisme de l’Église catholique est modifié pour affirmer que « la peine de mort est inadmissible car elle attente à l’inviolabilité et à la dignité de la personne ».

Le texte précise que l’Église s’engage désormais en faveur de son abolition dans le monde entier. Cette position constitue aujourd’hui son enseignement officiel, même si certains catholiques, notamment dans les milieux traditionalistes, continuent de défendre les justifications théologiques anciennes.

Les Églises orthodoxes, entre condamnation et prudence doctrinale

Le christianisme orthodoxe ne possède pas d’autorité centrale comparable au pape. Les différentes Églises autocéphales peuvent donc adopter des positions distinctes.

Plusieurs autorités orthodoxes condamnent la peine de mort. L’Église orthodoxe en Amérique s’est prononcée contre son application, et des responsables orthodoxes américains ont appelé à la protection de la vie humaine, y compris celle des criminels condamnés.

La position du Patriarcat de Moscou est plus nuancée. Dans ses Fondements de la doctrine sociale, l’Église orthodoxe russe souligne que le Nouveau Testament ne contient aucune obligation explicite d’abolir la peine capitale.

Le document considère néanmoins que l’abolition offre davantage de possibilités de repentance, répond à la nécessité de miséricorde et évite les erreurs judiciaires irréversibles. Il accueille donc favorablement les initiatives abolitionnistes, tout en reconnaissant aux autorités civiles la responsabilité de décider.

Il existe ainsi, au sein de l’orthodoxie, une différence importante entre les Églises qui rejettent clairement la peine capitale et celles qui préfèrent ne pas lui opposer d’interdiction doctrinale absolue.

Le protestantisme européen, largement abolitionniste

Les Églises protestantes européennes ont joué un rôle significatif dans les mouvements abolitionnistes, mais leurs positions méritent d’être examinées séparément.

En France, la Fédération protestante de France soutenait déjà l’abolition lors des débats des années 1960. Dans une déclaration officielle du 27 juin 1979, elle expliquait que Jésus-Christ ne désespère d’aucun être humain, quelle que soit sa faute, et demandait la suppression de la peine capitale.

La Fédération reconnaissait la nécessité de sanctions proportionnées pour protéger la société et répondre aux crimes commis, mais refusait une peine supprimant définitivement toute possibilité de réhabilitation.

Cette position concerne la Fédération dans son ensemble et constitue un engagement important du protestantisme français, dont l’Église protestante unie de France représente une composante majeure.

En Allemagne, l’Église évangélique d’Allemagne (EKD), qui rassemble principalement des Églises luthériennes, réformées et unies, réclame explicitement l’abolition mondiale.

Elle invoque notamment l’histoire biblique de Caïn : après le meurtre d’Abel, Dieu marque Caïn d’un signe destiné à empêcher qu’il soit lui-même tué. L’EKD y voit un argument contre la logique d’exécution du meurtrier.

En Écosse, la Church of Scotland, de tradition presbytérienne et réformée, affirme que la peine capitale est toujours et entièrement inacceptable, y compris pour les crimes les plus graves. Elle considère que la justice doit conserver une possibilité de rédemption et s’engage pour l’abolition universelle.

Au Royaume-Uni, les quakers britanniques défendent depuis longtemps une opposition sans réserve. Une déclaration de 1956 souligne que la protection de la vie humaine constitue un principe fondamental et que les exécutions contribuent à brutaliser la société.

La Communion anglicane, qui rassemble notamment l’Église d’Angleterre et de nombreuses Églises dans le monde, a adopté en 2002 une résolution affirmant que la peine de mort est théologiquement immorale. Elle appelle ses Églises membres à agir pour son abolition complète.

Les méthodistes ont également développé une doctrine abolitionniste. Dans ses Principes sociaux, l’Église méthodiste unie rejette la peine capitale au nom de la dignité humaine, des discriminations constatées dans son application et du risque de condamnations injustifiées. Cette position vaut pour la dénomination internationale, qui possède également des communautés européennes.

La Conférence des Églises européennes, qui rassemble des Églises protestantes, orthodoxes et anglicanes, a elle aussi soutenu les efforts d’abolition. Dans une contribution au Conseil de l’Europe, elle rappelait l’engagement de longue date des Églises dans cette direction.

Mais les baptistes et les évangéliques ne partagent pas nécessairement une doctrine unique

La situation est plus diversifiée parmi les Églises baptistes, pentecôtistes et évangéliques indépendantes.

En Europe, ces communautés évoluent généralement dans des sociétés où la peine de mort a été abolie. Cela ne signifie pas que toutes leurs organisations ont adopté une position théologique explicite. Il faut notamment distinguer les fédérations nationales, les unions d’Églises et les communautés indépendantes, qui ne reconnaissent pas nécessairement une autorité doctrinale commune.

Le contraste avec les États-Unis est particulièrement marqué.

La Southern Baptist Convention, principale dénomination baptiste américaine, a adopté en 2000 une résolution défendant la légitimité biblique de la peine capitale pour certains crimes. Elle s’appuie notamment sur la Genèse, qui prévoit une sanction pour le meurtre, ainsi que sur l’épître de Paul aux Romains, reconnaissant à l’autorité civile le pouvoir de punir.

D’autres protestants américains, notamment au sein des grandes Églises méthodistes, luthériennes ou épiscopaliennes, rejettent au contraire la peine de mort.

Le protestantisme présente donc une divergence théologique réelle. Certaines Églises considèrent que la dignité humaine et la possibilité du repentir interdisent toute exécution. D’autres estiment que les textes bibliques autorisent toujours l’État à prononcer une peine capitale, à condition de respecter des garanties judiciaires strictes.

Le judaïsme, entre prescriptions de la Torah et restrictions rabbiniques

La peine de mort apparaît explicitement dans la Torah, notamment pour le meurtre et certains autres actes considérés comme particulièrement graves dans la législation biblique.

Toutefois, la tradition rabbinique a progressivement entouré les condamnations capitales de conditions extrêmement restrictives.

La Michna, dans le traité Makkot, rapporte une discussion célèbre : un tribunal prononçant une exécution une fois en sept ans est qualifié de destructeur, et une autre opinion porte cette période à soixante-dix ans. Deux sages déclarent même que, s’ils avaient siégé au Sanhédrin, personne n’aurait été exécuté.

Cette tradition a nourri différentes interprétations contemporaines.

Le judaïsme réformé s’oppose officiellement à la peine de mort depuis 1959, estimant qu’aucun crime ne justifie que la société retire volontairement une vie humaine.

Le judaïsme conservateur, appelé aussi massorti, a également adopté des positions abolitionnistes, notamment en raison des risques d’erreur judiciaire et de l’importance accordée à la dignité humaine.

Dans le judaïsme orthodoxe, la situation demeure plus nuancée. Le droit religieux traditionnel reconnaît en principe la possibilité de sanctions capitales, mais leur mise en œuvre suppose des conditions religieuses et judiciaires qui ne sont pas réunies dans les systèmes contemporains. Des organisations orthodoxes ont ainsi soutenu des moratoires sur les exécutions sans nécessairement rejeter le principe de la peine capitale dans l’ensemble de la tradition juive.

L’islam, une peine admise par le droit classique mais interprétée différemment aujourd’hui

Le droit islamique classique admet la peine de mort dans plusieurs circonstances, particulièrement pour certains homicides et certaines infractions définies par les juristes religieux.

Le Coran prévoit le qisas, principe de rétribution applicable notamment au meurtre volontaire. Il reconnaît également la possibilité du pardon de la famille de la victime et, dans certaines conditions, d’une compensation financière appelée diya.

Le droit musulman distingue traditionnellement les peines de qisas, les hudud, sanctions définies par les sources religieuses pour certaines infractions, et les ta’zir, peines laissées à l’appréciation de l’autorité compétente.

Les écoles juridiques sunnites et chiites divergent sur la définition de certains crimes, les conditions de preuve et les modalités d’application.

L’apostasie constitue un exemple particulièrement révélateur. Plusieurs écoles classiques prévoyaient la peine de mort dans certaines situations d’abandon de l’islam. Des penseurs musulmans contemporains contestent cette interprétation, estimant que les sanctions historiques visaient principalement des actes de trahison politique ou de rébellion plutôt que le simple changement de conviction religieuse.

La Dar al-Ifta égyptienne, importante institution de jurisprudence islamique, distingue ainsi la liberté de croyance des actes de rébellion mettant en danger la communauté politique.

Des courants musulmans réformistes défendent une abolition générale ou une restriction radicale de la peine capitale, tandis que d’autres autorités continuent de considérer certaines exécutions comme conformes au droit islamique.

La position de l’islam ne peut donc être ramenée aux législations de quelques États. La peine capitale bénéficie de justifications dans le droit classique, mais son interprétation et son application font l’objet de divergences substantielles.

Le bouddhisme, une opposition fondée sur la compassion et la non-violence

Le premier des cinq préceptes bouddhistes consiste à s’abstenir de tuer des êtres vivants. La compassion et le refus de provoquer intentionnellement la mort occupent une place centrale dans l’éthique bouddhiste.

Le dalaï-lama a explicitement condamné la peine capitale, considérant que même les auteurs des crimes les plus graves peuvent se transformer s’ils disposent de temps et de possibilités pour le faire.

De nombreuses organisations bouddhistes contemporaines défendent également l’abolition.

Le bouddhisme ne possède cependant aucune autorité doctrinale centrale s’imposant à ses différents courants, notamment theravada, mahayana et vajrayana.

L’histoire montre par ailleurs que plusieurs États gouvernés par des souverains bouddhistes ont pratiqué la peine capitale. Les idéaux religieux de non-violence n’ont donc pas toujours déterminé la législation pénale des sociétés bouddhistes.

L’hindouisme, entre ahimsa et devoir de punir

L’hindouisme accorde une grande importance à l’ahimsa, principe de non-violence également présent dans le bouddhisme et le jaïnisme.

Cependant, la tradition hindoue comporte aussi des textes juridiques et politiques reconnaissant au souverain le pouvoir de sanctionner les crimes, parfois par la mort.

Les Dharmashastras, textes anciens consacrés notamment aux règles de conduite et à l’ordre social, prévoient des châtiments très sévères pour certaines infractions. Le concept de danda renvoie au pouvoir légitime de punir afin de préserver l’ordre et la justice.

Les positions hindoues contemporaines peuvent ainsi privilégier la non-violence absolue, comme dans certaines interprétations inspirées de Gandhi, ou reconnaître à l’État la possibilité d’imposer des sanctions capitales dans des circonstances exceptionnelles.

L’absence d’autorité religieuse centrale explique qu’il n’existe pas de doctrine hindoue universellement obligatoire sur cette question.

Le jaïnisme, une tradition profondément opposée à la violence

Dans le jaïnisme, l’ahimsa constitue le principe moral fondamental. Il implique de ne pas tuer, de ne pas provoquer la mort et de ne pas encourager la violence envers les êtres vivants.

Cette exigence s’étend même aux formes de vie les plus petites, ce qui explique les précautions prises par certains ascètes jaïns pour éviter de blesser involontairement des organismes.

La peine capitale entre donc profondément en contradiction avec l’éthique jaïne de non-violence.

Les traditions philosophiques jaïnes insistent également sur les conséquences karmiques des actes violents. L’exécution d’un criminel ne met pas fin à cette responsabilité morale.

Des souverains appartenant au jaïnisme ont néanmoins, au cours de l’histoire, administré des États disposant de systèmes pénaux sévères. La pratique politique historique ne s’est donc pas toujours confondue avec l’idéal ascétique.

Le sikhisme, entre justice, protection des innocents et compassion

Le sikhisme affirme l’égalité fondamentale des êtres humains et accorde une place importante à la compassion, à la justice et à la défense des personnes opprimées.

Sa tradition religieuse n’est cependant pas fondée sur un pacifisme absolu. Les enseignements des Gurus reconnaissent, dans certaines circonstances, la légitimité de l’usage de la force pour défendre les innocents et combattre l’oppression.

Les normes religieuses sikhes mettent principalement l’accent sur la discipline communautaire, la responsabilité morale et la correction des comportements.

Il n’existe pas de condamnation universelle et incontestée de la peine de mort émanant de l’ensemble des autorités sikhes.

La Shiromani Gurdwara Parbandhak Committee (SGPC), importante institution représentative des sikhs, a notamment demandé la commutation de condamnations capitales dans des affaires politiquement sensibles, dont celle de Balwant Singh Rajoana.

D’autres responsables religieux sikhs ont cependant défendu l’application de la peine capitale pour certains crimes particulièrement graves.

Le sikhisme présente ainsi des positions diverses, où se rencontrent les exigences de protection de la vie, de justice, de miséricorde et de sanction des crimes.

Le zoroastrisme, des sanctions anciennes à l’absence de doctrine moderne unifiée

Le zoroastrisme, religion issue de l’enseignement de Zarathoustra dans l’Iran ancien, place au centre de sa morale la vérité, la justice et le combat contre le mal.

Ses principes éthiques sont souvent résumés par la formule « bonnes pensées, bonnes paroles, bonnes actions ».

Historiquement, les systèmes juridiques de l’Iran zoroastrien connaissaient néanmoins la peine capitale.

Selon l’Encyclopaedia Iranica, sous les Sassanides, les condamnations à mort relevaient de l’autorité souveraine. La justice religieuse et le pouvoir politique entretenaient alors des relations étroites.

Les communautés zoroastriennes contemporaines, notamment celles d’Iran et les communautés parsies d’Inde, ne disposent pas d’une autorité mondiale imposant une position commune sur la peine de mort.

Certains responsables religieux contemporains la rejettent, mais il serait inexact de présenter cette opposition comme une doctrine universelle du zoroastrisme.

La foi bahá’íe, une peine prévue dans les textes mais assortie d’une alternative

La foi bahá’íe offre un exemple particulier : malgré l’importance accordée à la paix et à l’unité de l’humanité, ses textes fondateurs reconnaissent la possibilité de la peine capitale.

Dans le Kitáb-i-Aqdas, Bahá’u’lláh prévoit la peine de mort pour le meurtre et l’incendie volontaire, tout en autorisant explicitement l’emprisonnement à vie comme alternative.

Shoghi Effendi, l’une des principales autorités historiques de la foi bahá’íe, a confirmé que les deux sanctions étaient permises.

Les modalités d’application de ces dispositions ont été laissées à la future législation de la Maison universelle de justice, institution dirigeante internationale de la communauté bahá’íe.

La foi bahá’íe n’enseigne donc pas l’abolition absolue de la peine capitale, mais prévoit expressément une alternative à l’exécution.

La Scientology, une opposition ancrée dans ses principes religieux

La Scientology défend une position explicitement abolitionniste, qui trouve notamment ses fondements dans le Credo de l’Église de Scientology, rédigé par L. Ron Hubbard en 1954. Ce texte affirme le caractère inaliénable du droit à la vie et précise qu’aucune autorité inférieure à Dieu ne peut suspendre ou supprimer les droits fondamentaux de l’être humain. Il énonce également que les lois de Dieu interdisent à l’homme de détruire ses semblables.

Cette conception se traduit par une prise de position sans ambiguïté dans la Proclamation sur la religion, les droits de l’homme et la société, publiée en 2003 à Bruxelles par l’Église de Scientology Internationale. Le texte appelle les États à abolir la peine capitale, soulignant notamment le caractère irréversible des erreurs judiciaires et affirmant qu’une seule personne innocente exécutée est déjà une personne de trop.

Les saints des derniers jours et les Témoins de Jéhovah, deux approches différentes de la neutralité

L’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours adopte une position de neutralité institutionnelle.

Dans sa déclaration officielle, elle considère que l’application éventuelle de la peine capitale doit être décidée conformément aux procédures du droit civil. Elle précise qu’elle ne la promeut ni ne s’y oppose.

Les membres de l’Église peuvent donc avoir des opinions différentes sur le sujet sans que l’institution défende une législation particulière.

Les Témoins de Jéhovah adoptent également une attitude de neutralité à l’égard des décisions politiques concernant la peine de mort.

Leurs publications religieuses soulignent que les textes bibliques reconnaissent, dans certaines circonstances, le pouvoir de l’autorité civile d’infliger des sanctions capitales. Cette reconnaissance ne se traduit cependant pas par une campagne religieuse destinée à soutenir les exécutions.

Leur position distingue ainsi l’interprétation des textes bibliques de l’engagement politique, domaine dans lequel ils demandent à leurs membres de rester neutres.

Des religions historiquement favorables à la peine capitale devenues abolitionnistes

La comparaison révèle une transformation importante des positions religieuses au cours des derniers siècles.

Le catholicisme, qui a longtemps reconnu la légitimité des exécutions judiciaires, enseigne aujourd’hui leur inadmissibilité. Une grande partie du protestantisme européen s’est engagée dans l’abolition, alors que d’autres Églises protestantes continuent d’invoquer les Écritures pour en défendre le principe.

Le judaïsme montre comment une tradition juridique peut progressivement limiter l’application de prescriptions capitales présentes dans ses textes fondateurs. L’islam conserve différentes interprétations de sanctions prévues par son droit classique. Le bouddhisme, l’hindouisme et le jaïnisme illustrent les relations complexes entre idéaux de non-violence et exercice historique du pouvoir politique.

Les positions des religions minoritaires sont tout aussi diverses : la Scientology demande une abolition universelle, la foi bahá’íe conserve la possibilité de la peine de mort dans ses textes, tandis que les saints des derniers jours laissent la décision aux autorités civiles.

La distinction essentielle reste celle qui sépare la légitimité religieuse théorique d’une sanction, son application dans les sociétés historiques et la position défendue aujourd’hui par les institutions religieuses.

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Journaliste passionnée de littérature mais aussi de spiritualité, Sarah a commencé sa carrière dans l'humanitaire il y a quelques années, avant de revenir à sa vocation première de journaliste. Elle est titulaire d'un master en journalisme mais aussi d'une licence en sociologie.

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