Combien de catholiques vivent en France ? La réponse dépend de ce que l’on mesure, mais la meilleure estimation récente situe leur proportion autour de 43 % des personnes âgées de 15 ans et plus vivant en France métropolitaine. C’est le résultat d’une vaste enquête Ifop réalisée en 2025 auprès de plus de 14 000 personnes. Rapporté à la population de cette tranche d’âge, cela correspond à environ 24 millions de personnes se déclarant catholiques. Une autre enquête Ifop réalisée la même année obtient 46 % parmi les adultes, tandis que l’Insee et l’Ined mesuraient 29 % chez les seuls 18-59 ans en 2019-2020. Ces chiffres apparemment très différents s’expliquent principalement par les populations étudiées et la manière dont la question est posée.
La France ne recense pas ses habitants selon leur religion. Les chiffres disponibles proviennent donc d’enquêtes représentatives dans lesquelles les personnes interrogées déclarent elles-mêmes leur appartenance religieuse. Dans une grande enquête réalisée en 2025 auprès de 14 244 personnes âgées de 15 ans et plus résidant en France métropolitaine, 43 % répondent qu’elles sont catholiques. Les personnes sans religion représentent 37,5 %, les musulmans 7 %, les protestants ou évangéliques 4 %, les orthodoxes 1 %, les juifs 1 % et les bouddhistes 1 %.
Que représentent ces 43 % en nombre de personnes ? Au 1er janvier 2026, la France métropolitaine compte environ 66,8 millions d’habitants. Parmi eux, environ 10,7 millions ont moins de 15 ans. Il reste donc près de 56,1 millions de personnes âgées de 15 ans ou plus. Appliquer à cette population les 43 % mesurés par l’Ifop conduit à un ordre de grandeur d’environ 24,1 millions de personnes se déclarant catholiques.
Il ne s’agit toutefois pas d’un décompte administratif. Le chiffre est une extrapolation statistique et ne comprend pas les enfants de moins de 15 ans. Il concerne également la France métropolitaine, et non l’ensemble des départements d’outre-mer. Il faut donc parler d’environ 24 millions de catholiques de 15 ans et plus en France métropolitaine plutôt que de présenter ce nombre comme un chiffre officiel et définitif de tous les catholiques vivant en France.
Une autre enquête Ifop publiée en 2025 pour l’Observatoire français du catholicisme aboutit à un résultat légèrement supérieur : 46 % des personnes âgées de 18 ans et plus disent appartenir au catholicisme. La question était toutefois formulée différemment : il était demandé aux personnes interrogées à quelle « confession religieuse ou école de pensée » elles estimaient appartenir. Ces différences de formulation suffisent à rappeler qu’une identité religieuse ne se mesure pas aussi simplement que l’âge ou le lieu de résidence.
L’âge joue également un rôle considérable. Dans cette même enquête, seulement 23 % des 18-24 ans se déclarent catholiques, contre 37 % des 25-34 ans, 42 % des 35-49 ans, 48 % des 50-64 ans et 62 % des 65 ans et plus. Une enquête qui inclut l’ensemble des personnes âgées obtient donc logiquement une proportion de catholiques beaucoup plus importante qu’une étude limitée aux adultes plus jeunes.
C’est précisément ce qui explique en partie le chiffre beaucoup plus faible obtenu par l’enquête Trajectoires et Origines 2 de l’Insee et de l’Ined. En 2019-2020, 29 % des personnes âgées de 18 à 59 ans vivant en France métropolitaine se déclaraient catholiques. L’étude ne comprenait donc pas les plus de 59 ans, qui constituent justement les générations où l’appartenance catholique est la plus fréquente. Sur cette population, le catholicisme restait néanmoins de loin la première religion déclarée, devant l’islam à 10 % et les autres religions chrétiennes à 9 %.
Les données montrent surtout un recul très important de l’identification au catholicisme au fil des générations. Pour comparer exactement les deux vagues de son enquête, l’Insee-Ined s’est concentré sur les 18-49 ans. Parmi eux, 43 % se déclaraient catholiques en 2008-2009. Onze ans plus tard, ils n’étaient plus que 25 %. Dans le même temps, la proportion des personnes sans religion passait de 45 % à 53 %.
La transmission familiale reste importante, mais elle est loin d’être automatique. Parmi les personnes ayant grandi dans une famille catholique, 67 % se déclarent encore catholiques à l’âge adulte, selon l’Insee-Ined. Près d’un tiers, 31 %, ne déclarent plus aucune religion. Les passages directs du catholicisme vers une autre religion sont beaucoup plus rares : la désaffiliation constitue donc de très loin la principale évolution.
Se déclarer catholique ne signifie pas non plus être catholique pratiquant. L’enquête Insee-Ined montre que seulement 8 % des personnes se déclarant catholiques fréquentent régulièrement une église, c’est-à-dire au moins une fois par mois. 18 % y vont principalement lors des fêtes religieuses et 68 % surtout à l’occasion de cérémonies familiales. Seuls 15 % déclarent également prier au moins une fois par semaine. La religion a beaucoup ou assez d’importance dans la vie de 27 % des catholiques interrogés.
Une autre manière de mesurer l’héritage catholique consiste à regarder le baptême. L’enquête de l’Observatoire français du catholicisme montre que 76 % des adultes interrogés déclarent avoir été baptisés dans la religion catholique, soit une proportion très supérieure à celle des personnes qui se définissent aujourd’hui comme catholiques. Parmi les personnes baptisées, 66 % déclarent ne jamais aller à la messe. 28 % y assistent quelques fois dans l’année, 2 % tous les dimanches et 4 % « le plus souvent possible ».
Il existe donc en France plusieurs cercles très différents autour du catholicisme : les personnes baptisées, celles qui se déclarent catholiques, celles pour lesquelles cette appartenance possède une importance personnelle et celles qui pratiquent régulièrement. Les compter comme s’il s’agissait d’une seule et même population produit inévitablement des chiffres contradictoires.
La réponse la plus prudente en 2026 est ainsi qu’environ 43 % des personnes de 15 ans et plus vivant en France métropolitaine se déclarent catholiques, soit autour de 24 millions de personnes. Une autre grande enquête réalisée en 2025 situe l’appartenance catholique à 46 % chez les adultes. Chez les 18-59 ans, l’Insee-Ined obtient en revanche 29 %. Ces différences ne révèlent pas une incertitude de plusieurs millions de personnes : elles montrent surtout que le catholicisme reste beaucoup plus fréquent parmi les générations âgées et que « catholique » peut désigner une appartenance déclarée, une identité culturelle, un baptême ou une pratique religieuse effective.
Pour replacer ces chiffres dans l’ensemble du paysage religieux français, voir également notre dossier Religions en France : chiffres et tendances en 2026.




