L’anglicanisme est une tradition du christianisme née en Angleterre au XVIe siècle, lors de la séparation de l’Église d’Angleterre avec l’Église catholique romaine. Il appartient historiquement au monde de la Réforme protestante, tout en conservant de nombreux éléments de la tradition catholique, notamment les évêques, les prêtres et une liturgie structurée. Ses fidèles sont appelés anglicans.
Le mot « anglican » vient du latin anglicanus, qui signifie « anglais ». Il désigne à l’origine l’Église d’Angleterre (Church of England), mais s’applique aujourd’hui à une famille d’Églises présentes sur tous les continents.
L’histoire de l’anglicanisme est liée au roi Henri VIII. En 1534, après un conflit avec le pape concernant notamment l’annulation de son mariage avec Catherine d’Aragon, le roi fait adopter l’Act of Supremacy, une loi qui le reconnaît comme chef suprême de l’Église d’Angleterre. Cette rupture avec Rome ne constitue cependant que la première étape de la formation de l’anglicanisme.
Au cours des décennies suivantes, l’Église anglaise adopte progressivement plusieurs principes de la Réforme protestante, notamment sous l’influence de l’archevêque Thomas Cranmer. Sous le règne d’Élisabeth Ire, à partir de 1558, elle stabilise son organisation et développe une identité religieuse particulière, associant des éléments de la tradition chrétienne ancienne et de la théologie réformée.
L’anglicanisme partage avec les autres grandes traditions chrétiennes la croyance en un Dieu unique, en la Trinité — Père, Fils et Saint-Esprit — et en Jésus-Christ, considéré comme le Fils de Dieu, mort et ressuscité pour le salut de l’humanité. Il reconnaît les grandes professions de foi du christianisme ancien, notamment le Symbole des apôtres et le Credo de Nicée.
La Bible constitue la référence fondamentale de la foi anglicane. Son interprétation fait également appel à la tradition de l’Église et à la raison humaine. Ces trois éléments — Écriture, tradition et raison — occupent une place importante dans la pensée théologique anglicane, même s’ils n’y possèdent pas une autorité équivalente.
Les anglicans accordent une importance particulière à deux sacrements considérés comme directement institués par Jésus-Christ : le baptême et l’eucharistie, également appelée Sainte Communion ou Cène. Ils pratiquent aussi d’autres rites chrétiens, comme la confirmation, le mariage, l’ordination et l’onction des malades.
Le culte anglican se caractérise par une liturgie qui peut rappeler celle du catholicisme. Le Book of Common Prayer, ou Livre de la prière commune, publié pour la première fois en 1549, a profondément marqué cette tradition. Il rassemble des prières et des textes destinés aux célébrations religieuses. Les Trente-Neuf Articles de religion, établis au XVIe siècle, constituent une autre référence historique importante.
L’anglicanisme comprend plusieurs sensibilités. Les anglo-catholiques accordent une grande importance aux sacrements, aux cérémonies et à la continuité avec les traditions de l’Église ancienne. Les anglicans évangéliques insistent davantage sur la Bible, la prédication et la foi personnelle. D’autres courants privilégient une approche théologique plus libérale. Ces différences expliquent la diversité des pratiques et des interprétations au sein de cette tradition.
L’organisation anglicane repose sur des évêques, mais elle ne possède pas d’autorité centrale comparable à celle du pape dans l’Église catholique. La Communion anglicane rassemble des Églises autonomes, liées par une histoire, une foi et des traditions communes. L’archevêque de Canterbury, en Angleterre, joue un rôle symbolique et institutionnel important dans leur unité, sans disposer d’un pouvoir de gouvernement sur toutes les Églises membres.
Cette autonomie explique certaines différences entre les Églises anglicanes, notamment concernant l’ordination des femmes ou la reconnaissance des couples de même sexe. Certaines ont adopté des pratiques que d’autres refusent, ce qui a entraîné des désaccords et des tensions internes.
Selon les données de la Communion anglicane, celle-ci réunit aujourd’hui 42 Églises autonomes, présentes dans plus de 165 pays, pour un total estimé à environ 90 millions de membres. Ces chiffres restent approximatifs, les méthodes de comptage variant selon les Églises. L’anglicanisme est particulièrement implanté en Afrique subsaharienne, mais aussi en Europe, en Amérique du Nord, en Asie et en Océanie.
Aux États-Unis, les anglicans sont notamment représentés par l’Église épiscopalienne (Episcopal Church). En France, plusieurs communautés anglicanes sont présentes, notamment au sein du diocèse en Europe de l’Église d’Angleterre et des communautés épiscopaliennes américaines.
L’anglicanisme constitue ainsi une tradition chrétienne originale, héritière à la fois de la Réforme et de l’Église ancienne, dont l’unité repose davantage sur une histoire, une liturgie et des croyances communes que sur une autorité religieuse centralisée.




