Le Candomblé est une religion afro-brésilienne née au Brésil à partir des traditions religieuses apportées par des Africains réduits en esclavage pendant la période coloniale. Il s’est principalement développé au XIXe siècle, notamment dans l’État de Bahia, autour de communautés qui ont préservé, transmis et réorganisé sur le sol brésilien des croyances et des rites venus de différentes régions d’Afrique occidentale et centrale. Il constitue aujourd’hui l’une des principales religions de matrice africaine du Brésil.
Le Candomblé n’a pas de fondateur unique ni de texte sacré comparable à la Bible ou au Coran. Sa tradition s’est longtemps transmise essentiellement oralement, de génération en génération, au sein des communautés religieuses. Son histoire est liée notamment aux traditions des peuples yoruba, fon et bantous arrivés au Brésil à différentes périodes de la traite esclavagiste. Cette diversité explique qu’il existe plusieurs grandes traditions de Candomblé, souvent appelées des « nations ».
Dans le Candomblé, le monde visible et le monde spirituel sont étroitement liés. Il existe un Dieu suprême, généralement considéré comme à l’origine de l’univers, mais la vie religieuse est principalement organisée autour des divinités qui servent d’intermédiaires entre le divin, la nature et les êtres humains.
Dans la tradition d’origine yoruba, la plus connue, ces divinités sont appelées les orixás. Chacun possède une personnalité, une histoire et des qualités particulières. Les orixás sont également associés à différents aspects de la nature et de l’existence humaine. Oxum, par exemple, est liée aux eaux douces, à la fécondité et à la prospérité ; Iemanjá à la mer et à la maternité ; Xangô au tonnerre, au feu et à la justice ; Ogum au fer, au travail et aux chemins que l’on ouvre.
Dans d’autres traditions du Candomblé, les divinités portent d’autres noms. On parle notamment de voduns dans les traditions issues de populations fon et ewe, et d’inquices dans certaines traditions d’origine bantoue. Malgré ces différences, elles partagent l’idée d’un univers dans lequel les puissances spirituelles, les êtres humains, les ancêtres et la nature entretiennent des relations constantes.
Une notion importante est celle d’axé. Le mot désigne une force ou une puissance sacrée qui permet à la vie de se maintenir et aux êtres d’agir. Cette énergie peut être présente dans les personnes, les animaux, les plantes, certains objets, certains lieux et les éléments de la nature. Une partie de la vie religieuse consiste à préserver, renouveler et faire circuler cet axé.
Les cérémonies ont lieu dans un terreiro, à la fois lieu de culte et communauté religieuse. Le terreiro est généralement dirigé par une femme ou un homme ayant reçu une longue formation religieuse, couramment appelés en portugais mãe de santo ou pai de santo. La transmission des connaissances se fait progressivement et peut demander de nombreuses années.
L’initiation occupe une place importante. Une personne peut être reconnue comme ayant une relation particulière avec un orixá et suivre un processus rituel destiné à approfondir ce lien. Les initiés apprennent notamment les prières, les chants, les gestes rituels, les règles de leur communauté et la manière de prendre soin des espaces et objets sacrés.
Les cérémonies peuvent comprendre des chants, des tambours, des danses, des prières et des offrandes. Les rythmes et les chants jouent un rôle religieux essentiel. Au cours de certaines cérémonies, un initié peut entrer en transe et être considéré comme momentanément habité ou manifesté par son orixá. La divinité peut alors danser à travers lui au milieu de la communauté.
Les offrandes peuvent comprendre des aliments, des fleurs, des boissons ou d’autres éléments choisis selon la divinité honorée et le rite célébré. Certains rites comportent également des sacrifices d’animaux, dont la viande peut ensuite être partagée dans un cadre religieux. La nourriture possède plus largement une place importante : préparer, offrir et partager certains plats fait partie de la relation entre la communauté et le monde sacré.
Le respect des ancêtres est également essentiel. Les morts continuent d’avoir une place dans l’ordre religieux, même si leur culte est distinct de celui des orixás. La personne est ainsi comprise comme appartenant à un ensemble de relations qui dépasse sa seule existence individuelle : sa famille, sa communauté, ses ancêtres, les divinités et la nature.
Le Candomblé ne possède pas d’autorité centrale déterminant les croyances de tous les terreiros. Chaque maison appartient à une tradition et possède sa propre histoire, sa hiérarchie et certaines pratiques particulières. Les principales « nations » sont généralement désignées sous les noms de Ketu, Jeje et Angola, correspondant à différents héritages africains. Cette diversité explique que tous les pratiquants n’utilisent pas exactement le même vocabulaire ni les mêmes rites.
Le Candomblé a longtemps subi au Brésil la répression des autorités et la stigmatisation sociale. Il est aujourd’hui pratiqué publiquement dans de nombreuses régions du pays et certains de ses terreiros les plus anciens font partie du patrimoine culturel brésilien. Les religions afro-brésiliennes continuent néanmoins d’être particulièrement touchées par les actes d’intolérance religieuse.
Le recensement brésilien de 2022 regroupe l’Umbanda, le Candomblé et d’autres religions afro-brésiliennes dans une même catégorie, qui représentait 1 % des personnes âgées de dix ans ou plus, contre 0,3 % en 2010. Le Candomblé s’est également diffusé hors du Brésil, notamment dans d’autres pays d’Amérique et en Europe.
Proche de l’Umbanda par certains éléments de son univers religieux, le Candomblé en est toutefois distinct. L’Umbanda est une religion brésilienne apparue plus tardivement et intégrant notamment une forte influence du spiritisme, tandis que le Candomblé s’est constitué principalement autour de la transmission et de la réorganisation au Brésil de traditions religieuses africaines.




