L’orthodoxie chrétienne est l’une des trois grandes branches du christianisme, avec le catholicisme et le protestantisme. Elle rassemble plusieurs Églises qui partagent la même foi, les mêmes sacrements et une manière commune de célébrer le culte, mais qui ne sont pas dirigées par une autorité mondiale unique.
Le mot « orthodoxe » vient du grec orthós, « droit » ou « juste », et dóxa, « opinion », « croyance » ou « gloire ». Il peut donc être compris comme « la juste foi ». Avec une minuscule, orthodoxie peut aussi désigner, dans toute religion ou école de pensée, l’enseignement jugé conforme à la doctrine officielle. Dans l’expression « orthodoxie chrétienne », il désigne surtout les Églises issues du christianisme ancien de l’Empire romain d’Orient.
Les orthodoxes croient, comme la majorité des chrétiens, en un Dieu unique en trois personnes — le Père, le Fils et le Saint-Esprit — et reconnaissent Jésus-Christ comme pleinement Dieu et pleinement homme. Ils croient à sa mort sur la croix, à sa résurrection et à la vie éternelle. La Bible est lue dans le cadre de la Tradition de l’Église, qui comprend aussi les grands maîtres chrétiens, les prières, la liturgie et les anciens conciles. Un concile est une grande assemblée d’évêques réunie pour résoudre des désaccords et préciser l’enseignement de l’Église, par exemple sur la nature de Jésus ou sur la Trinité. Ici, « œcuménique » signifie que le concile était reconnu comme représentant l’ensemble de l’Église. Le mot n’a donc pas exactement le sens actuel d’« œcuménisme », qui désigne le rapprochement entre différentes Églises chrétiennes. Les orthodoxes reconnaissent comme fondamentaux les sept premiers conciles œcuméniques, réunis entre 325 et 787.
Pendant le premier millénaire, les chrétiens d’Orient et d’Occident appartenaient en principe à la même Église, malgré des différences croissantes. Leur séparation s’est faite progressivement. L’année 1054 est traditionnellement retenue comme le moment du « Grand Schisme », lorsque des représentants du pape et le patriarche de Constantinople se sont mutuellement excommuniés. Le conflit portait notamment sur l’autorité du pape et sur une modification occidentale du Credo concernant le Saint-Esprit. La rupture s’est aggravée après le pillage de Constantinople par des croisés occidentaux en 1204. Les excommunications ont été levées en 1965, mais les Églises orthodoxe et catholique ne sont toujours pas pleinement unies.
Contrairement à l’Église catholique, l’orthodoxie n’a pas de pape exerçant son autorité sur tous. Elle est formée d’Églises « autocéphales », qui choisissent elles-mêmes leur principal responsable. Les Églises de Constantinople, de Grèce, de Russie, de Roumanie, de Serbie ou de Géorgie partagent la même religion ; leurs noms indiquent surtout une histoire et une organisation territoriale. Le patriarche œcuménique de Constantinople possède une primauté d’honneur et est présenté comme le « premier parmi ses égaux », mais il ne gouverne pas les autres Églises. Celles-ci peuvent d’ailleurs s’opposer sur des questions de territoire ou de reconnaissance.
Le cœur du culte est la Divine Liturgie, au cours de laquelle est célébrée l’Eucharistie, ou communion. Le pain et le vin y sont reçus comme le corps et le sang du Christ. On parle généralement de sept sacrements, ou « saints mystères » : le baptême fait entrer dans la vie chrétienne ; la chrismation marque le don du Saint-Esprit ; l’Eucharistie unit le fidèle au Christ ; la confession permet de recevoir le pardon ; le mariage bénit l’union des époux ; l’ordination confie un ministère à un diacre, un prêtre ou un évêque ; et l’onction des malades accompagne la personne souffrante. Un enfant baptisé reçoit habituellement aussitôt la chrismation et peut communier.
Les icônes (images sacrées représentant le Christ, Marie, un saint ou une scène biblique, devant laquelle les orthodoxes peuvent prier et témoigner leur respect) ne sont pas considérées comme des idoles. Les fidèles les vénèrent, c’est-à-dire qu’ils leur témoignent du respect, mais l’adoration est réservée à Dieu. Marie, appelée Theotokos, « Mère de Dieu », et les saints tiennent une place importante. La prière, le jeûne et la vie monastique également. La fête principale est Pâques, ou Pascha. Sa date peut différer de celle des autres chrétiens en raison du mode de calcul employé.
La spiritualité orthodoxe parle de théosis, ou « déification ». L’être humain ne devient pas Dieu par nature : il est appelé à se rapprocher de lui et à participer à sa vie par la prière, les sacrements et l’amour du prochain.
Les prêtres orthodoxes peuvent être mariés si leur mariage a eu lieu avant leur ordination. Les évêques sont en revanche choisis parmi des hommes célibataires, généralement des moines. Selon la discipline actuellement suivie par ces Églises, les femmes ne sont pas ordonnées prêtres ou évêques.
Il ne faut pas confondre ces Églises avec les « Églises orthodoxes orientales », comme les Églises copte et arménienne. Séparées à la suite de désaccords apparus au Ve siècle, elles constituent une autre famille chrétienne, malgré de nombreux points communs.
Aujourd’hui, l’orthodoxie est surtout présente en Europe de l’Est, dans les Balkans, en Russie, dans le Caucase et au Proche-Orient. Elle possède aussi d’importantes communautés ailleurs dans le monde. Une étude du Pew Research Center estimait à environ 260 millions le nombre de chrétiens orthodoxes en 2017, selon une définition large comprenant aussi les Églises orthodoxes orientales.




