Le mandéisme (ou mandaïcisme) est une religion très ancienne encore pratiquée aujourd’hui par une petite communauté appelée les Mandéens. Le mot mandéisme vient de l’araméen manda, qui signifie « connaissance », c’est-à-dire une connaissance religieuse profonde.
Le mandéisme n’a pas de fondateur clairement identifié comme certaines grandes religions. Les chercheurs pensent qu’il s’est formé il y a très longtemps, probablement dans les premiers siècles de notre ère, dans la région du Moyen-Orient où se trouvent aujourd’hui le sud de l’Irak et le sud-ouest de l’Iran.
Les Mandéens se considèrent comme une communauté religieuse distincte. Ils ne se présentent pas comme fondateurs d’une nouvelle religion à un moment précis, mais plutôt comme détenteurs d’une tradition transmise depuis des générations. Ils vénèrent plusieurs figures anciennes comme Adam, Seth (Seth est, dans la tradition mandéenne, un personnage très important. Il est présenté comme un fils d’Adam et Ève, choisi par Dieu pour transmettre la vraie connaissance spirituelle après la mort d’Abel. Pour les Mandéens, Seth est un juste et un enseignant, lié au monde de la lumière. Il fait partie des grandes figures qui ont aidé l’humanité à rester en lien avec Dieu et à comprendre le sens spirituel de la vie), Noé et surtout Jean-Baptiste, qu’ils considèrent comme leur prophète principal. Jésus et d’autres figures comme Abraham ou Mahomet ne tiennent pas dans leur religion la même place qu’ils ont dans le christianisme ou l’islam.
Le mandéisme se caractérise par une vision du monde dualiste : il y a un monde de lumière et un monde des ténèbres, et l’être humain cherche à libérer son âme pour qu’elle retourne vers la lumière.
Une des pratiques les plus importantes est le baptême rituel dans l’eau courante, qui purifie la personne et lui permet de se rapprocher de Dieu. Ces baptêmes ne sont pas seulement pour les nouveaux membres : ils se pratiquent aussi pour la vie quotidienne, pour les fêtes religieuses, pour les mariages et même pour accompagner les morts vers l’au-delà.
Les Mandéens ont aussi d’autres rites, comme des cérémonies pour les défunts, des prières régulières, et des repas rituels lors de certaines fêtes religieuses. Ils ont des prêtres et des structures religieuses appelées mandi (temples ou maisons de culte) généralement situés près de rivières.
La langue liturgique des Mandéens est le mandéen, un dialecte de l’araméen ancien utilisé dans leurs écrits sacrés comme le Ginza Rba. Le Ginza Rba (qui signifie « Grand Trésor ») est le principal livre sacré du mandéisme. Il est écrit en langue mandéenne et rassemble des textes très anciens. On y trouve des récits sur la création du monde, l’origine de l’âme humaine, la lutte entre le monde de la lumière et celui des ténèbres, ainsi que le destin de l’âme après la mort. Le Ginza Rba contient aussi des prières, des enseignements religieux et des règles morales destinées à guider les croyants dans leur vie quotidienne.
Les règles morales des Mandéens ne sont pas présentées comme une liste très stricte de commandements, mais comme une manière de vivre juste et pure, en accord avec le monde de la lumière. Elles viennent surtout des textes sacrés comme le Ginza Rba et de la tradition.
Les Mandéens accordent une grande importance à la vérité. Mentir, tromper ou trahir est mal vu, car cela éloigne l’âme de la lumière. Dire la vérité et agir avec sincérité est considéré comme essentiel pour une vie spirituelle correcte.
La pureté est une valeur centrale, à la fois spirituelle et pratique. Elle concerne le corps, les pensées et les actions. Les rites de purification par l’eau ont aussi un sens moral : ils rappellent au croyant qu’il doit se corriger, éviter le mal et rester proche de Dieu.
Le respect de la vie est fondamental. Les Mandéens condamnent le meurtre et la violence gratuite. Ils valorisent la paix, la retenue et la modération dans les comportements. Faire du mal volontairement à autrui est vu comme une action liée au monde des ténèbres.
L’honnêteté dans le travail et dans les relations sociales est également très importante. Voler, exploiter les autres ou agir par cupidité est condamné. Le croyant doit gagner sa vie de manière juste et aider les autres quand il le peut.
Les Mandéens insistent aussi sur la fidélité familiale. Le mariage est important et doit se faire à l’intérieur de la communauté. L’adultère est mal considéré, car il rompt l’ordre moral et social.
Enfin, les Mandéens valorisent la charité, la solidarité et le respect des autres, même en dehors de leur religion. Une bonne conduite morale aide l’âme, après la mort, à traverser les épreuves et à retourner vers le monde de la lumière.
Les relations des Mandéens avec les autres religions ont toujours été marquées par la discrétion et la distance, plutôt que par le prosélytisme ou le conflit religieux direct.
Le mandéisme est une religion fermée : on ne peut pas s’y convertir. On naît mandéen, et la religion se transmet par la famille. Cela limite naturellement les échanges religieux avec les autres traditions, sans pour autant impliquer un rejet des autres croyants.
Autrefois, la majorité des Mandéens vivaient le long des fleuves Tigre et Euphrate, surtout en Basse-Mésopotamie (région aujourd’hui en Irak) et dans le Khuzestan en Iran.
À cause de persécutions, de guerres et de pressions sociales, en particulier après la guerre en Irak en 2003, beaucoup ont quitté ces régions. Aujourd’hui, de petites communautés vivent aussi en Europe, en Australie et en Amérique du Nord.
Le nombre de Mandéens dans le monde est très faible comparé aux grandes religions : on estime aujourd’hui qu’il y a environ 60 000 à 70 000 Mandéens, mais ce chiffre est incertain et plusieurs milliers seulement restent dans leurs terres historiques d’origine.
Le mandéisme est une religion monothéiste ancienne et unique, centrée sur la connaissance spirituelle et sur des rites aquatiques, mais qui est aujourd’hui en danger à cause de la dispersion de ses fidèles et de la disparition progressive de ses communautés traditionnelles.