mercredi, août 5, 2026
  • Se connecter
Religactu
  • France
  • Monde
  • Liberté de religion
  • Traditions et croyances
  • Interreligieux
  • Qui et Pourquoi ?
  • Dictionnaire simple des religions
Pas de résultat
Voir tous les résultats
  • France
  • Monde
  • Liberté de religion
  • Traditions et croyances
  • Interreligieux
  • Qui et Pourquoi ?
  • Dictionnaire simple des religions
Pas de résultat
Voir tous les résultats
Religactu
Pas de résultat
Voir tous les résultats

Cent quinze parlementaires d’Europe pressent l’Égypte de garantir les droits des bahá’ís

Sarah Berger par Sarah Berger
5 août 2026 à 10 h 37
in Égypte, Liberté de religion
0
Share on FacebookShare on TwitterShare on LinkedinShare on PinterestShare on Reddit

Cent quinze membres du Parlement européen et de parlements nationaux ont appelé les autorités égyptiennes à mettre fin aux discriminations visant les bahá’ís et à garantir pleinement la liberté de religion ou de conviction. Rendue publique le 29 juillet, leur déclaration commune replace la situation de cette communauté dans le cadre plus large des droits des minorités religieuses en Égypte, notamment des chrétiens coptes et des groupes dont la religion ne bénéficie d’aucune reconnaissance officielle.

Les signataires, issus de nombreux pays et de différentes sensibilités politiques, se disent « profondément préoccupés » par des pratiques qu’ils qualifient de discrimination et de persécution soutenues par l’État. Ils évoquent notamment l’impossibilité de faire reconnaître les mariages bahá’ís, les difficultés d’accès aux documents d’identité, les obstacles à la scolarisation ou à l’obtention d’un titre de séjour, ainsi que la surveillance et les interrogatoires auxquels certains membres de la communauté seraient soumis. La déclaration appelle Le Caire à permettre à toute personne de manifester, d’adopter ou de changer de religion ou de conviction, individuellement comme collectivement, sans harcèlement ni entrave.

La communauté bahá’íe est présente en Égypte depuis le XIXe siècle, mais elle ne dispose plus d’existence institutionnelle reconnue depuis le décret présidentiel nº 263 de 1960, adopté sous Gamal Abdel Nasser. Ce texte avait ordonné la dissolution de ses assemblées et la confiscation de plusieurs de ses biens. Les autorités égyptiennes ne reconnaissent juridiquement que l’islam, le christianisme et le judaïsme pour un certain nombre d’actes liés au statut personnel et à la pratique religieuse.

La Constitution égyptienne affirme pourtant que la liberté de croyance est absolue. Dans la pratique juridique, cette garantie est cependant distinguée de la possibilité de donner des effets civils à une religion. Les tribunaux et l’administration considèrent que les rites et le statut personnel ne peuvent être reconnus que dans le cadre des trois religions qualifiées de « révélées ». Cette interprétation place les bahá’ís dans une situation paradoxale : ils peuvent théoriquement croire, mais leur foi ne peut être inscrite sur leurs documents officiels et leurs institutions religieuses ne sont pas autorisées.

Une décision de justice obtenue en 2009 avait permis aux bahá’ís de recevoir une carte d’identité comportant un tiret à la place de la religion. Cette solution a réglé partiellement l’impossibilité matérielle d’obtenir certains documents, sans mettre fin aux discriminations. Le tiret rend leur appartenance à une religion non reconnue immédiatement identifiable. Surtout, il ne résout pas la question de l’état civil : des époux peuvent être enregistrés comme célibataires, y compris après plusieurs années de mariage.

En mai dernier, l’Initiative égyptienne pour les droits personnels, une organisation indépendante de défense des droits humains, a dénoncé un arrêt de la Cour de cassation annulant la reconnaissance judiciaire du mariage d’un couple bahá’í. Selon l’organisation, l’absence de statut matrimonial officiel peut affecter les pensions de réversion, les successions, l’assurance maladie, les démarches bancaires, la scolarité des enfants ou encore le droit au séjour du conjoint étranger. Elle rappelle également qu’en 2018 la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples avait estimé que l’Égypte devait adopter des mesures permettant la reconnaissance des mariages de personnes ne relevant pas des trois religions officiellement admises. Cette décision n’a pas été mise en œuvre.

Les conditions d’inhumation constituent une autre difficulté durable. Depuis les confiscations de 1960, les bahá’ís ne disposent plus que d’un seul cimetière pour l’ensemble du pays, au Caire. Plusieurs demandes visant à obtenir de nouveaux terrains ont été rejetées. La rapporteuse spéciale des Nations unies sur la liberté de religion ou de conviction, Nazila Ghanea, a consacré une partie de son rapport de janvier 2026 aux conséquences de cette situation, qui oblige certaines familles à parcourir de longues distances et à utiliser un espace désormais proche de la saturation.

La mobilisation parlementaire intervient alors que l’Union européenne approfondit son partenariat avec l’Égypte. Le programme européen de soutien pour la période 2024-2027 atteint 7,4 milliards d’euros, dont cinq milliards de prêts d’assistance macrofinancière. Les élus demandent que les engagements relatifs aux droits humains liés à cette coopération ne restent pas théoriques. La représentante spéciale de l’Union européenne pour les droits humains, Kajsa Ollongren, avait elle-même indiqué au printemps que la situation des bahá’ís s’était détériorée et qu’elle avait soulevé la question de la non-reconnaissance de leurs mariages auprès des autorités égyptiennes.

Le gouvernement égyptien affirme régulièrement son attachement à la liberté de croyance et à la coexistence religieuse. Les parlementaires européens lui demandent désormais de traduire ces déclarations en décisions administratives concrètes : permettre aux bahá’ís de faire reconnaître leurs familles, d’obtenir des documents conformes à leur situation, d’enterrer dignement leurs morts et de vivre comme des citoyens à part entière.

Article qui précéde

Léon XIV inscrit l’ouverture du gouvernement du Vatican aux non-cardinaux dans la Loi fondamentale

Article qui suit

À la pagode Dhammabhirom, une table ronde interreligieuse autour de l’égalité devant la loi

Sarah Berger

Sarah Berger

Journaliste passionnée de littérature mais aussi de spiritualité, Sarah a commencé sa carrière dans l'humanitaire il y a quelques années, avant de revenir à sa vocation première de journaliste. Elle est titulaire d'un master en journalisme mais aussi d'une licence en sociologie.

Please login to join discussion

Inscrivez-vous à notre newsletter !

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

Vérifiez votre boite de réception ou votre répertoire d’indésirables pour confirmer votre abonnement.

Contact

Kabbale
Dictionnaire simple des religions

Kabbale

La Kabbale est le principal courant mystique du judaïsme. Elle cherche à comprendre les dimensions cachées de Dieu, de la ...

3 août 2026 à 10 h 12
Tri Hita Karana
Dictionnaire simple des religions

Tri Hita Karana

Le Tri Hita Karana est une philosophie religieuse et sociale originaire de Bali, en Indonésie. Étroitement lié à l’hindouisme balinais, ...

1 août 2026 à 14 h 09
Un chamane danse en jouant du tambour, près d'un feu
Dictionnaire simple des religions

Chamanisme

Le chamanisme désigne un ensemble de croyances et de pratiques dans lesquelles certaines personnes sont considérées comme capables de communiquer ...

28 juillet 2026 à 10 h 43
Hindouisme
Dictionnaire simple des religions

Hindouisme

L’hindouisme est un vaste ensemble de traditions religieuses, philosophiques et culturelles principalement nées dans le sous-continent indien. Il ne possède ...

22 juillet 2026 à 18 h 16
Zoroastrisme
Dictionnaire simple des religions

Zoroastrisme

Le zoroastrisme est une religion très ancienne née dans le monde iranien. Il tire son nom de Zoroastre, appelé Zarathoustra ...

19 juillet 2026 à 11 h 10

Articles récents

  • À la pagode Dhammabhirom, une table ronde interreligieuse autour de l’égalité devant la loi 5 août 2026 à 15 h 04
  • Cent quinze parlementaires d’Europe pressent l’Égypte de garantir les droits des bahá’ís 5 août 2026 à 10 h 37
  • Léon XIV inscrit l’ouverture du gouvernement du Vatican aux non-cardinaux dans la Loi fondamentale 4 août 2026 à 10 h 10
  • En France, une marque de prière sur le front ne suffit pas à écarter un candidat de la police 3 août 2026 à 11 h 58
  • Kabbale 3 août 2026 à 10 h 12
  • La MIVILUDES : une officine opaque qui cherche à policer le « croire » 1 août 2026 à 16 h 10
  • Tri Hita Karana 1 août 2026 à 14 h 09
  • Journée de la Pachamama en Argentine : histoire, rituels et célébrations 1 août 2026 à 11 h 36
  • « Croire et guérir » : ce que la médecine risque de perdre lorsqu’elle oublie l’âme 31 juillet 2026 à 10 h 14
  • Sarnath, lieu du premier sermon du Bouddha, entre au patrimoine mondial 30 juillet 2026 à 11 h 20

Catégories

  • Des communautés
  • Événements
  • France
  • Interreligieux
  • Liberté de religion
  • Littérature
  • Monde
    • Afghanistan
    • Afrique du Sud
    • Albanie
    • Algérie
    • Allemagne
    • Arabie Saoudite
    • Argentine
    • Arménie
    • Australie
    • Azerbaïdjan
    • Belarus
    • Belgique
    • Bénin
    • Birmanie
    • Bosnie-Herzégovine
    • Brésil
    • Bulgarie
    • Cabo Verde
    • Cambodge
    • Cameroun
    • Canada
    • Chili
    • Chine
    • Chypre
    • Colombie
    • Corée du Sud
    • Costa Rica
    • Cuba
    • Danemark
    • Égypte
    • Emirats Arabes Unis
    • Espagne
    • Estonie
    • États-Unis
    • Ethiopie
    • Géorgie
    • Ghana
    • Grèce
    • Haïti
    • Hongrie
    • Inde
    • Indonésie
    • Irak
    • Iran
    • Irlande
    • Israël
    • Italie
    • Japon
    • Jordanie
    • Kazakhstan
    • Kenya
    • Kirghizstan
    • Libye
    • Malaisie
    • Malawi
    • Népal
    • Nicaragua
    • Nigeria
    • Norvège
    • Nouvelle-Zélande
    • Ouzbékistan
    • Pakistan
    • Palestine
    • Pays-Bas
    • Pérou
    • Pologne
    • Portugal
    • Qatar
    • République Démocratique du Congo
    • Royaume-Uni
    • Russie
    • Samoa
    • Sénégal
    • Serbie
    • Slovaquie
    • Sri Lanka
    • Suède
    • Suisse
    • Syrie
    • Tadjikistan
    • Taïwan
    • Tchéquie
    • Thaïlande
    • Tibet
    • Togo
    • Turquie
    • Ukraine
    • Union Européenne
    • Vatican
    • Venezuela
    • Vietnam
    • Zimbabwe
  • Traditions et croyances
    • Dictionnaire simple des religions

Catégories

  • Politique de confidentialité
  • Politique de cookies (UE)
  • Charte éditoriale de ReligActu.fr
  • Mentions légales

© 2026 religactu

Pas de résultat
Voir tous les résultats
  • France
  • Monde
  • Liberté de religion
  • Traditions et croyances
  • Interreligieux
  • Qui et Pourquoi ?
  • Dictionnaire simple des religions

© 2026 religactu

Welcome Back!

Connectez-vous à votre compte ci-dessous

Mot de passe oublié ?

Récupérer votre mot de passe

Entrez votre nom d'utilisateur ou votre email pour réinitialiser votre mot de passe

Se connecter

Add New Playlist

Gérer le consentement aux cookies
Pour vous offrir les meilleures expériences de navigation, nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou le nombre d'identités uniques qui se connectent sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctions.
Fonctionnel Toujours activé
Le stockage ou l’accès technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’internaute, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou la personne utilisant le service.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques. Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire pour créer des profils d’internautes afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’internaute sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.
  • Gérer les options
  • Gérer les services
  • Gérer {vendor_count} fournisseurs
  • En savoir plus sur ces finalités
Voir les préférences
  • {title}
  • {title}
  • {title}