À l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse, célébrée le 12 août, l’United Religions Initiative (URI) a choisi de ne pas s’en tenir à un message symbolique. Le réseau international de coopération interreligieuse lance un mois d’activités qui doit relier des jeunes de plusieurs régions du monde autour du dialogue entre croyants, de la prévention des violences religieuses, de la protection de la Terre et de la construction de la paix. L’initiative mêle un défi mondial à distance, des rencontres en ligne et des rassemblements locaux au Sri Lanka, en Amérique du Nord, en Bulgarie et en Inde.
Le thème retenu par les Nations unies en 2026, « Different Contexts, Common Aspirations », que l’on peut traduire par « Des contextes différents, des aspirations communes », insiste précisément sur l’engagement réel des jeunes et le dialogue entre générations. L’URI reprend cette idée à sa manière : les jeunes ne sont pas seulement présentés comme de futurs responsables, mais comme des acteurs déjà capables de conduire des projets, de prendre part aux décisions et de transmettre leur expérience au reste du réseau.
Le principal dispositif annoncé est le « Youth Challenge », qui commencera le 17 août et se déroulera pendant quatre semaines. Chaque semaine, les participants recevront des consignes et des ressources liées à l’un des quatre grands axes de l’URI : coopération interreligieuse quotidienne, lutte contre les violences motivées par la religion, restauration de la Terre, puis développement de cultures de paix, de justice et de guérison. Les tâches précises de l’édition 2026 n’ont pas encore été détaillées publiquement. Le défi est ouvert aux membres des « cercles de coopération » de l’URI, à ses membres individuels, mais aussi à ses partenaires et aux personnes qui découvrent le mouvement. Celles qui accompliront les quatre étapes recevront un certificat de « URI Youth Champion » et seront conviées à une célébration en ligne. Leurs récits pourront être diffusés sur les réseaux sociaux de l’organisation et leurs créations réunies dans un livre numérique présenté à l’occasion de la Journée internationale de la paix, en septembre.
L’expérience n’est pas entièrement nouvelle. En 2024, 60 personnes de 24 pays avaient participé au défi mensuel de l’URI. Elles avaient notamment partagé un repas avec une personne d’une autre religion, créé un message contre les discours de haine, mené une action locale en faveur de l’environnement et écrit à un responsable pour appeler à la paix. Cette précédente édition montre la logique du programme : partir de gestes réalisables localement, puis mettre en commun les témoignages au sein d’un réseau mondial.
Autour de ce défi, plusieurs branches régionales ont construit leurs propres activités. Le 12 août, URI Sri Lanka organise sur Zoom « Gen Z Unfiltered: Beyond the Label », une conversation animée par des jeunes pour confronter les stéréotypes, partager des opinions et chercher comment les générations peuvent mieux se comprendre. En Amérique du Nord, une première rencontre a eu lieu le 3 août avec l’Abrahamic Reunion. Intitulée « From Pain to Peace: Healing Together », elle a donné la parole à de jeunes artisans de paix musulmans, juifs et druzes d’Israël et de Palestine. Les échanges ont porté sur le dialogue interreligieux, la guérison des traumatismes et le rôle du leadership interculturel dans des sociétés marquées par le conflit.
En Europe, le rendez-vous le plus important sera « Garden of Peace », organisé à Sofia du 28 au 30 août par le cercle de coopération BRIDGES. Trente jeunes de cultures et de religions différentes doivent y explorer la manière dont le dialogue peut devenir un chemin vers la paix. Ce rassemblement s’inscrit dans un travail déjà engagé : en 2024, le camp « Seeding the Peace » avait réuni à La Haye 20 jeunes et six animateurs de plusieurs pays européens ; en 2025, « Rivers of Peace », à Ruse en Bulgarie, avait rassemblé 30 adolescents de sept pays et neuf jeunes animateurs autour du dialogue, de l’écologie, de l’art et de la paix.
En Inde du Sud, l’URI prépare également son assemblée annuelle de la jeunesse, prévue le 5 septembre à l’école St. Joseph’s Nazareth de Puthoor. La rencontre marquera le septième anniversaire de la campagne « One Billion Youth for Peace ». Parallèlement, l’équipe multirégionale de l’URI diffuse une série de trois vidéos consacrées au leadership intergénérationnel. L’ensemble forme moins une célébration d’une seule journée qu’un parcours allant du 12 août à la Journée internationale de la paix.
Le fil commun est clair : faire du dialogue interreligieux une pratique menée par les jeunes eux-mêmes. Les formats restent modestes et très différents selon les pays, mais ils donnent un contenu concret à une formule souvent répétée dans les institutions : offrir une place aux jeunes ne suffit pas si ceux-ci ne peuvent ni orienter les décisions, ni conduire les projets.




