La victoire électorale de Laura Fernández à la présidentielle costaricienne du 1er février 2026, où elle a obtenu près de 48,3 % des voix, marque l’arrivée au pouvoir d’une figure politique conservatrice dans un pays d’Amérique centrale réputé pour sa stabilité démocratique et son modérantisme.
Dans sa première conférence de presse en tant que présidente élue, Laura Fernández a placé la liberté religieuse au centre de sa vision politique, affirmant que son futur gouvernement sera fondé sur une « défense inébranlable de la liberté de conscience et de culte ». Elle a assuré que chaque citoyen devra pouvoir exercer sa foi ou ses convictions en toute liberté, évoquant notamment les catholiques, les protestants et les juifs, mais aussi les personnes ne professant aucune religion.
Catholique pratiquante, la présidente élue a évoqué son parcours personnel et son éducation dans des institutions catholiques, tout en soulignant que sa foi ne guidera pas les décisions politiques ni les nominations gouvernementales. Selon elle, les compétences professionnelles et l’intégrité morale primeront sur toute considération religieuse, et ce, pour l’ensemble des postes de responsabilité.
Laura Fernández a également appelé à l’unité nationale autour de ce qu’elle a qualifié de « croisade pour la dignité humaine », invitant l’ensemble des acteurs sociaux et religieux à participer à la reconstruction du pays. Elle a promis de maintenir un dialogue ouvert avec les responsables religieux et a affirmé qu’aucun leader spirituel ne ferait l’objet de persécution sous son mandat.
Si ces déclarations ont été accueillies favorablement par plusieurs communautés religieuses, elles soulèvent néanmoins des interrogations. Le fait de citer principalement les chrétiens et les juifs comme exemples peut paraître limité lorsqu’il est question de liberté de religion et de diversité religieuse, dans un pays qui compte également des communautés musulmanes, bouddhistes et des spiritualités autochtones.
Dans un contexte où la Constitution costaricienne reconnaît toujours le catholicisme comme religion d’État, tout en garantissant la liberté de culte, l’équilibre entre héritage historique et pluralisme religieux demeure un enjeu sensible. Les engagements de Laura Fernández apparaissent prometteurs, mais leur crédibilité dépendra de leur traduction concrète en politiques publiques inclusives pour l’ensemble des convictions religieuses et philosophiques du pays.