Le rapport 2024 sur les crimes de haine publié par la Commission des relations humaines du comté de Los Angeles met en évidence une persistance élevée des actes motivés par des préjugés dans le comté de Los Angeles. Avec 1 355 crimes de haine recensés, le niveau demeure l’un des plus élevés observés depuis le début de la collecte de ces données, il y a plus de quarante ans.
Parmi les crimes motivés par la religion, le rapport indique que certaines communautés continuent d’être ciblées de manière disproportionnée. Les scientologistes figurent ainsi parmi les groupes religieux les plus visés, se plaçant au troisième rang, après les communautés juives et musulmanes, en nombre d’incidents signalés. Bien que ces faits représentent une part minoritaire de l’ensemble des crimes de haine, leur augmentation et leur caractère récurrent attirent l’attention des observateurs institutionnels et associatifs.
Les incidents recensés à l’encontre des scientologistes incluent des actes de vandalisme, des menaces, du harcèlement et, dans certains cas, des agressions physiques. Le rapport souligne que ces actes ne visent pas seulement des lieux de culte ou des bâtiments identifiés à la religion, mais également des individus en raison de leur appartenance réelle ou supposée à ce groupe religieux.
Plusieurs analyses extérieures au rapport officiel s’interrogent sur le climat discursif entourant certaines minorités religieuses, et notamment sur le rôle que peuvent jouer des discours publics fortement critiques lorsqu’ils sont relayés massivement par les médias traditionnels ou les plateformes numériques. Selon ces analyses, la répétition de propos hostiles ou stigmatisants à l’égard d’un groupe religieux contribue à banaliser les préjugés et à créer un environnement social plus permissif à l’égard des actes de haine.
Ces analyses trouvent un écho dans l’approche dite de « santé publique » promue par les Nations unies pour comprendre et prévenir les phénomènes de violence. Cette approche considère la violence comme un phénomène social pouvant se diffuser de manière progressive, sous l’effet de facteurs de risque identifiables, parmi lesquels figurent la stigmatisation, la normalisation de discours déshumanisants et leur large diffusion dans l’espace public. Selon ce cadre d’analyse, la répétition de propos hostiles à l’encontre d’un groupe peut contribuer à créer un environnement propice au passage à l’acte, même en l’absence d’incitation explicite à la violence.
Les auteurs du rapport insistent sur la nécessité de renforcer la prévention, la sensibilisation du public et le soutien aux victimes, quel que soit le groupe concerné. Ils rappellent que la protection de la liberté religieuse et la lutte contre les violences motivées par la haine constituent des enjeux essentiels pour la cohésion sociale et le respect des droits fondamentaux dans un contexte marqué par une polarisation croissante des discours.