Le rassemblement annuel des Musulmans de France, organisé ce week-end au parc des expositions du Bourget, en Seine-Saint-Denis, pourra finalement se tenir. Interdit dans un premier temps par les autorités, l’événement a été autorisé in extremis par la justice administrative, saisie en urgence par les organisateurs.
Une interdiction décidée par la préfecture de police
La préfecture de police de Paris avait pris, jeudi, un arrêté interdisant la tenue de cette manifestation annuelle, qui devait se dérouler du vendredi au lundi au Bourget. Ce rassemblement, organisé chaque année et réunissant plusieurs milliers de participants, est considéré comme l’un des principaux rendez-vous musulmans en France.
Pour justifier cette interdiction, les autorités avaient invoqué des risques pour l’ordre public. Dans leur arrêté, elles faisaient notamment valoir que l’événement des Musulmans de France se déroulait dans un contexte international et national particulièrement tendu. La préfecture évoquait également un risque terroriste important visant la communauté musulmane, ainsi que la possibilité que de petits groupes d’extrême droite tentent de perturber ou de cibler le rassemblement.
Ces éléments, selon les autorités, pouvaient créer des conditions de sécurité difficiles à garantir pour un événement rassemblant un public important.
Un recours en urgence devant le tribunal administratif
Les Musulmans de France ont rapidement contesté cette interdiction devant le tribunal administratif de Paris, par le biais d’un référé-liberté, une procédure d’urgence permettant de contester une atteinte grave à une liberté fondamentale.
Le juge administratif a examiné la situation en urgence et rendu sa décision vendredi. Il a décidé de suspendre l’arrêté préfectoral, autorisant ainsi la tenue du rassemblement.
Une interdiction jugée insuffisamment justifiée
Dans son ordonnance, le tribunal administratif a estimé que les risques invoqués par la préfecture n’étaient pas suffisamment établis pour justifier une mesure aussi restrictive que l’interdiction pure et simple de l’événement.
Selon la décision rapportée par plusieurs médias, les troubles à l’ordre public évoqués par les autorités ne reposaient pas sur des éléments suffisamment précis ou probants.
Le juge a ainsi considéré que l’interdiction constituait une atteinte disproportionnée à la liberté de réunion, protégée par le droit français. En l’absence de preuves concrètes démontrant que la manifestation présenterait un danger réel et imminent, la mesure préfectorale ne pouvait être maintenue.
La suspension de l’arrêté préfectoral permet donc au rassemblement des Musulmans de France de se tenir comme prévu au Bourget.