Un tribunal du Népal a acquitté un pasteur protestant poursuivi pour conversion religieuse illégale, mettant fin à une procédure judiciaire qui avait attiré l’attention des défenseurs de la liberté religieuse dans ce pays d’Asie du Sud.
Le 25 mars, le tribunal de district de Kailali, dans l’ouest du Népal, a annulé les charges visant le pasteur Janmajaya Bhattarai, responsable d’une église protestante dans la municipalité de Lamki-Chuha. Il était accusé d’avoir tenté de convertir des enfants scolarisés au christianisme. Après plus d’un an de procédure, la justice a estimé que les éléments présentés par l’accusation ne permettaient pas d’établir les faits reprochés et a prononcé son acquittement.
L’affaire remonte à 2024, lorsque des habitants ont porté plainte contre le pasteur, l’accusant d’avoir distribué des documents religieux à des élèves et de chercher à les amener à se convertir. La police avait ouvert une enquête et le pasteur avait été poursuivi en vertu des dispositions pénales népalaises interdisant la conversion religieuse ou toute tentative de conversion.
Au Népal, la constitution de 2015 garantit la liberté de pratiquer sa religion, mais elle interdit explicitement toute action visant à convertir autrui ou à « perturber la religion d’autrui ». Ces restrictions ont été renforcées par le code pénal adopté en 2017, qui prévoit des peines pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison et des amendes pour les personnes reconnues coupables de conversion religieuse ou d’incitation à la conversion.
Le christianisme reste une religion très minoritaire dans ce pays majoritairement hindou. Selon les estimations généralement citées, les chrétiens représentent environ 1,4 % de la population.
Ces dernières années, plusieurs affaires judiciaires ont visé des chrétiens accusés de prosélytisme. En 2021, par exemple, le pasteur Keshav Raj Acharya avait été condamné à une peine de prison pour avoir enfreint les lois anti-conversion après avoir été accusé de prêcher et de distribuer des documents religieux.
Dans le cas jugé à Kailali, le tribunal a estimé que les accusations ne reposaient pas sur des éléments suffisants pour caractériser une tentative de conversion. L’acquittement met ainsi fin aux poursuites engagées contre le pasteur.