Le théravāda est l’une des principales branches du bouddhisme. Son nom signifie « l’enseignement des Anciens ». Il se présente comme la forme du bouddhisme la plus proche des enseignements originaux du Bouddha historique, appelé Siddhartha Gautama, qui a vécu en Inde au Ve siècle avant notre ère. Le Bouddha n’est pas considéré comme un dieu, mais comme un maître spirituel ayant montré un chemin pour se libérer de la souffrance.
Après la mort du Bouddha, ses enseignements ont été transmis oralement par ses disciples, puis organisés au sein de différentes écoles. Le théravāda est issu de l’une des plus anciennes de ces écoles. Il s’est développé d’abord en Inde, puis surtout au Sri Lanka, où ses textes ont été mis par écrit. À partir de là, il s’est diffusé dans plusieurs régions d’Asie du Sud-Est.
Aujourd’hui, le théravāda est principalement pratiqué au Sri Lanka, en Thaïlande, en Birmanie (Myanmar), au Cambodge, au Laos, ainsi que dans certaines régions de l’Inde et du Bangladesh. On le trouve aussi dans les pays occidentaux, où il est pratiqué par des communautés issues de l’immigration et par des convertis.
Les enseignements du théravāda reposent sur les Quatre Nobles Vérités, qui expliquent que l’existence est marquée par la souffrance, que cette souffrance a une cause (le désir et l’attachement), qu’il est possible d’y mettre fin, et qu’il existe un chemin pour y parvenir. Ce chemin est appelé le Noble Chemin Octuple, qui encourage une conduite morale juste, la discipline mentale et la sagesse.
La compréhension juste consiste à voir la réalité telle qu’elle est. Cela signifie comprendre les Quatre Nobles Vérités : que la souffrance existe, qu’elle a des causes, qu’elle peut cesser, et qu’il existe un chemin pour y parvenir. C’est aussi comprendre que tout est impermanent et que l’attachement mène à la souffrance.
L’intention juste correspond à l’orientation intérieure de l’esprit. Elle repose sur le renoncement à la haine, à la violence et à l’égoïsme, et sur le développement de la bienveillance, de la compassion et du désir sincère de progresser spirituellement.
La parole juste demande d’éviter le mensonge, les paroles violentes, les insultes et les discours inutiles ou malveillants. Elle encourage une parole honnête, calme, bienveillante et utile aux autres.
L’action juste concerne le comportement concret. Elle implique de ne pas tuer, ne pas voler et ne pas avoir une conduite sexuelle nuisible. Elle vise une manière de vivre respectueuse des autres et de soi-même.
Les moyens d’existence justes signifient gagner sa vie d’une façon qui ne cause pas de tort. Le théravāda déconseille les métiers fondés sur la violence, l’exploitation, la tromperie ou la destruction de la vie.
L’effort juste consiste à cultiver les états d’esprit positifs et à éviter ceux qui sont négatifs. Cela signifie faire des efforts pour empêcher l’apparition de pensées nuisibles, abandonner celles qui sont déjà présentes, et développer des qualités comme l’attention, la patience et la clarté d’esprit.
L’attention juste est la capacité à être pleinement conscient de ce que l’on vit ici et maintenant : le corps, les sensations, les émotions et les pensées. Elle est souvent développée par la pratique de la méditation et permet de mieux comprendre son propre fonctionnement intérieur.
La concentration juste désigne la capacité à stabiliser l’esprit sur un objet, souvent grâce à la méditation profonde. Elle permet de calmer l’agitation mentale et de développer une vision plus claire et plus profonde de la réalité.
Le but principal du théravāda est d’atteindre le nirvana, un état de libération complète de la souffrance et du cycle des renaissances. L’idéal spirituel est celui de l’arhat, une personne qui, grâce à la méditation et à la compréhension profonde des enseignements, atteint l’éveil par ses propres efforts.
Les textes sacrés du théravāda sont rassemblés dans le Canon pali*, aussi appelé Tipitaka (« Triple Corbeille »). Ils contiennent les discours du Bouddha, les règles de vie pour les moines et les moniales, ainsi que des enseignements philosophiques et psychologiques.
Les rituels du théravāda sont généralement simples. Ils comprennent la récitation de textes, des offrandes de fleurs, d’encens ou de nourriture, et surtout la méditation, qui occupe une place centrale. Les moines jouent un rôle très important : ils vivent selon des règles strictes, enseignent le Dharma (la doctrine) et servent de guides spirituels. Les laïcs soutiennent les moines matériellement et cherchent à accumuler de bons actes pour améliorer leur karma.
Aujourd’hui, le théravāda compte plus de 150 millions de fidèles dans le monde. Il reste très présent dans la vie sociale et culturelle de plusieurs pays d’Asie du Sud-Est, tout en attirant un intérêt croissant en Occident, notamment pour ses pratiques de méditation et son approche sobre et disciplinée de la spiritualité.
Dans le bouddhisme, le théravāda et le mahāyāna représentent deux grandes manières de comprendre et de pratiquer l’enseignement du Bouddha. Le théravāda met l’accent sur une pratique rigoureuse, fondée sur les textes anciens en langue pali, et sur un chemin personnel vers l’éveil, avec pour idéal l’arhat, qui se libère de la souffrance par sa propre discipline et sa compréhension. Le mahāyāna, apparu plus tard, insiste davantage sur la compassion universelle et sur l’idéal du bodhisattva, qui cherche l’éveil non seulement pour lui-même, mais pour aider tous les êtres à se libérer. Le théravāda est surtout présent en Asie du Sud-Est, tandis que le mahāyāna s’est développé en Asie de l’Est et dans l’Himalaya. Malgré leurs différences de textes, de pratiques et de vocabulaire, les deux traditions se réfèrent aux enseignements du Bouddha et poursuivent le même but fondamental : mettre fin à la souffrance.
* Le pali est une langue ancienne de l’Inde, proche du sanskrit, utilisée comme langue religieuse du bouddhisme théravāda. C’est dans cette langue que sont rédigés les textes du Canon pali, qui rassemblent les enseignements attribués au Bouddha. Un canon (du grec ancien kanôn, qui signifie à l’origine « règle ») désigne un ensemble officiel de textes reconnus comme sacrés ou faisant autorité par une religion ou une tradition. Ces textes servent de référence pour les croyances, les règles et les pratiques religieuses.