Les Brahma Kumaris sont un mouvement spirituel fondé en Inde dans les années 1930 par Lekhraj Kripalani, un homme d’affaires (marchand de diamands) qui, après une crise personnelle et des expériences spirituelles, décida de partager ce qu’il appelait la connaissance de l’âme et de Dieu. Le nom du mouvement signifie « filles de Brahma », mais il accueille aussi des hommes, et il met l’accent sur la transformation personnelle et la paix intérieure plutôt que sur l’appartenance à un sexe ou un groupe particulier.
Le cœur de leur pratique est la méditation Raja Yoga, qui consiste à se concentrer sur l’âme et sur Dieu, vu comme une énergie pure, omniprésente et bienveillante. Contrairement à d’autres religions qui utilisent des rituels ou des images, les Brahma Kumaris invitent chacun à visualiser la lumière divine, à réfléchir à sa propre nature spirituelle et à prendre conscience de ses pensées. Ils considèrent que chaque personne est une âme éternelle et lumineuse, distincte du corps physique, et que le bonheur durable vient de la connexion avec cette énergie divine.
Les membres suivent un mode de vie simple et discipliné : ils sont souvent végétariens, évitent la violence et les comportements destructeurs, et s’efforcent de maîtriser leurs émotions et leurs pensées. La méditation, la prière et l’étude des enseignements sont quotidiennes pour ceux qui vivent dans leurs centres, et même les membres qui vivent à l’extérieur sont encouragés à pratiquer régulièrement. Les centres Brahma Kumaris ressemblent à des petits villages spirituels, avec des salles de méditation, des bibliothèques et des espaces pour la vie communautaire. Les visiteurs peuvent assister à des séances de méditation guidée et découvrir un style de vie centré sur le calme, la simplicité et la réflexion.
Le mouvement est présent dans plus de 100 pays, avec des centres en Inde, en Europe, en Amérique, en Afrique et en Asie. On estime que plusieurs centaines de milliers de personnes participent régulièrement aux activités, et des millions suivent leurs cours ou leurs méditations à distance. Le mouvement a développé des programmes pour les écoles, les entreprises et les communautés, en mettant l’accent sur la gestion du stress, la paix intérieure et l’éducation morale.
Ils enseignent que l’histoire du monde suit des cycles de temps précis, avec des périodes de bonheur et de crise, et que la méditation aide chacun à traverser ces cycles en restant positif et actif. Le mouvement insiste sur son engagement pour la non-violence, la paix et le dialogue entre religions, et collabore régulièrement avec d’autres organisations pour promouvoir la méditation, la tolérance et la compréhension mutuelle.
Selon les Brahma Kumaris, leur enseignement ne dérive pas de l’hindouisme mais constitue la connaissance spirituelle originelle, transmise directement par l’Âme suprême à l’époque actuelle. Ils considèrent que le temps est cyclique (un cycle d’environ 5 000 ans) et non linéaire, et que les religions apparaissent plus tard dans le cycle comme des formes progressivement altérées de cette connaissance initiale.
Dans cette perspective, l’hindouisme présente certaines similitudes symboliques avec les Brahma Kumaris, mais il serait une expression ultérieure et partielle de cette sagesse, enrichie de récits mythologiques dont le sens originel s’est perdu. Par exemple, la figure du démon Ravana, brûlé chaque année dans l’hindouisme, est interprétée par les Brahma Kumaris non comme un être réel ou un diable extérieur, mais comme une représentation symbolique des vices humains.
Pour eux, le mal n’est pas une entité extérieure : le véritable ennemi réside dans les cinq vices majeurs — l’ego, l’attachement, l’avidité, la colère et la luxure — responsables de la dégradation du monde. Les rituels hindous seraient ainsi des symboles conservés sans que leur signification spirituelle première soit toujours comprise, tandis que les Brahma Kumaris affirment en proposer aujourd’hui une lecture directe, simple et explicite.
La vie quotidienne d’un membre peut inclure des moments simples mais marquants : méditer le matin en visualisant la lumière de l’âme, étudier des textes spirituels, discuter avec d’autres membres de comment mieux gérer les émotions, ou participer à des activités communautaires comme des cours pour enfants ou des ateliers de gestion du stress. Cette combinaison de pratiques personnelles et d’action collective reflète la philosophie du mouvement : la spiritualité n’est pas seulement intérieure, elle a pour but de transformer la société en favorisant l’harmonie et le respect mutuel.