Plus de quarante responsables religieux et associatifs se sont réunis fin novembre 2025 à Londres pour réfléchir à l’avenir de la coopération interconfessionnelle au Royaume-Uni. La rencontre, accueillie par la communauté baha’ie, intervient après la fermeture de l’Inter Faith Network for the UK (IFN), dissous début 2025 à la suite du retrait d’un financement public. La disparition de cette structure nationale, active depuis 1987, a créé un vide que les participants jugent préoccupant pour la cohésion sociale et la capacité des communautés à travailler ensemble dans un contexte de tensions accrues.
La réunion rassemblait des représentants juifs, baha’is, chrétiens, sikhs, musulmans, hindous, scientologistes, ainsi que plusieurs organisations engagées dans le dialogue interreligieux. URI UK (United Religions Initiative UK), particulièrement active dans cette phase de transition, a souligné l’importance de relancer un cadre national. Son responsable de l’engagement communautaire, Deepak Naik, a déclaré qu’il s’agissait « d’un moment charnière pour les communautés religieuses et convictionnelles du Royaume-Uni ». Canon Hilary Barber, dernier coprésident de l’IFN, a rappelé que « le dialogue interreligieux et l’action sociale multiconfessionnelle sont à un stade vulnérable dans ce pays… Nous avons besoin d’un nouveau chemin, et rapidement ». De son côté, Stuart Diamond (JSCN) a insisté sur le fait que « la coopération interreligieuse n’est pas un luxe, c’est le fondement essentiel d’une société civile forte ».
Stuart Diamond, responsable de l’engagement communautaire au JSCN (Jewish Small Communities Network), a déclaré : « La coopération interconfessionnelle n’est pas un luxe, c’est le fondement essentiel d’une société civile forte, en particulier à un moment où la cohésion sociale au Royaume-Uni est mise à rude épreuve par les tensions mondiales et locales.
« La fermeture du Réseau interconfessionnel a créé un vide inquiétant, mais cette réunion représente un refus collectif et puissant de laisser la division s’installer. Pour le Jewish Small Communities Network, la nouvelle structure nationale doit se concentrer pleinement sur le renforcement de l’action sociale multiconfessionnelle. Lorsque nous travaillons côte à côte au service de nos voisins, que ce soit pour lutter contre la pauvreté, la solitude ou la haine, nous ne nous contentons pas de discuter de valeurs communes ; nous construisons activement la confiance et la compréhension mutuelles qui rendent notre nation tout entière plus résiliente. »
Au-delà du constat d’urgence, les participants ont évoqué les difficultés pratiques posées par la disparition de l’IFN. L’ancien réseau servait à coordonner les contacts entre communautés, à produire des ressources de médiation et à accompagner des dizaines d’initiatives locales. Plusieurs intervenants ont souligné que, sans structure stable, beaucoup de petits groupes interreligieux risquaient l’isolement ou la disparition. La question du financement, en particulier, est jugée cruciale : le modèle précédent dépendait en partie de fonds publics, dont le retrait pourrait compliquer toute reconstruction.
Malgré ces défis, la rencontre s’est déroulée dans un climat de détermination. Les participants ont convenu de travailler à la création d’un nouvel organisme national capable de soutenir les initiatives locales, de renforcer la compréhension mutuelle et d’encourager des actions sociales communes. Ils ont exprimé la volonté de dépasser les tensions politiques et institutionnelles récentes pour consolider un espace de coopération durable. La réunion s’est conclue par un engagement collectif à poursuivre ce chantier dans les mois à venir, dans l’espoir que ce nouvel élan permette de rebâtir une architecture interreligieuse à la hauteur des enjeux actuels.