
L’ouvrage « Quand les étoiles chantaient… et autres contes inspirés de la sagesse juive« , écrit par Pauline Bebe et illustré par Serge Bloch, sort chez Gallimard Jeunesse le 30 avril 2026. Ce recueil de contes puise ses racines dans une tradition millénaire, s’appuyant sur des sources telles que le Talmud, le Midrash et les récits hassidiques. Pauline Bebe, première femme rabbin de France, y rassemble dix-huit histoires qui explorent les thèmes fondamentaux de l’existence humaine à travers le prisme de la spiritualité juive. Oubliez les manuels poussiéreux et les sermons ennuyeux : ici, la sagesse juive se dévoile avec une fraîcheur et une malice qui donnent furieusement envie de s’y plonger.
Dès les premières pages, on est happé par l’histoire de cette petite chèvre aux cornes magiques qui faisait chanter les étoiles. Une image poétique et un brin absurde qui nous rappelle que même les plus petits êtres peuvent avoir un impact cosmique. Mais attention, l’humain, dans sa grande sagesse (ou son manque de discernement, c’est selon), a vite fait de transformer la poésie en pragmatisme. Et voilà que les cornes de la chèvre se transforment en tabatières, et les étoiles… se taisent. Une leçon subtile sur la consommation et la perte de l’émerveillement, n’est-ce pas ? Le voyage continue avec des récits qui, sous des airs légers, cachent des réflexions profondes. Qui n’a jamais soupiré un « Aïe aïe aïe, Oï oï oï » face aux tracas du quotidien ? Pauline Bebe nous rassure : même Dieu en a eu assez d’entendre nos plaintes ! Mais au lieu de nous gronder, elle nous propose une parabole pleine d’esprit sur la relativité de nos malheurs. Et que dire de la fameuse « bague du roi Salomon » ? Celle qui rend joyeux le triste et triste le joyeux. Une bague qui, au-delà de sa magie, nous enseigne l’humilité et la valeur de l’instant présent. Un message intemporel, délivré avec une pointe d’ironie qui fait mouche.
Ce qui rend cet ouvrage si attachant, c’est la manière dont Pauline Bebe, avec sa plume agile et son regard bienveillant, dépoussière des textes anciens. Elle puise dans le Talmud, le Midrash, et les contes hassidiques, mais elle les réinterprète avec une modernité qui les rend universels. La postface de l’auteure est d’ailleurs un petit bijou en soi, où elle partage sa passion pour la transmission et l’adaptation de ces histoires qui « font réfléchir, sourire, surprennent, soignent même ». Et les illustrations de Serge Bloch ? Elles sont la cerise sur le gâteau ! Avec son trait reconnaissable entre mille, il apporte une touche de fantaisie et de tendresse qui sublime chaque récit, sans jamais en dénaturer le sens.