La United States Commission on International Religious Freedom (USCIRF) — en français Commission américaine sur la liberté religieuse internationale — a publié au début de mars 2026 son rapport annuel sur l’état de la liberté de religion ou de conviction dans le monde. Ce document, élaboré par cette commission fédérale indépendante créée par le Congrès des États‑Unis, fournit une évaluation détaillée des violations constatées en 2025 et formule des recommandations destinées au gouvernement américain pour orienter sa politique étrangère.
Le rapport identifie les pays présentant les atteintes les plus graves à la liberté religieuse et recommande leur désignation comme “Countries of Particular Concern” (CPC), c’est‑à‑dire des États responsables de violations « systématiques, continues et flagrantes ». Pour l’année 2026, l’USCIRF recommande de classer dans cette catégorie l’Afghanistan, l’Algérie, la Birmanie (Myanmar), la Chine, la Corée du Nord, Cuba, l’Égypte, l’Érythrée, l’Inde, l’Iran, le Nigeria, le Pakistan, le Nicaragua, la Russie, l’Arabie saoudite, la Syrie, le Tadjikistan, le Turkménistan et le Vietnam.
Dans ces pays, le rapport décrit des situations très préoccupantes. En Afghanistan, les droits des minorités religieuses continuent d’être sévèrement restreints sous le régime des talibans, qui imposent une interprétation stricte de la loi islamique. En Chine, l’État poursuit sa politique de contrôle étroit des organisations religieuses, affectant notamment les musulmans ouïghours, les bouddhistes tibétains, les chrétiens non enregistrés et les pratiquants du Falun Gong. La Corée du Nord maintient une répression quasi totale de toute activité religieuse organisée, contraignant des milliers de croyants à pratiquer leur foi clandestinement sous peine de sanctions sévères. En Iran et en Arabie saoudite, les minorités religieuses restent victimes de discriminations, de restrictions légales et de poursuites pénales.
Le rapport met aussi en avant des pays à surveiller dans le cadre d’une “Special Watch List” (SWL), où les violations sont graves mais moins systématiques. Pour 2026, cette liste inclut l’Azerbaïdjan, l’Indonésie, l’Irak, le Kazakhstan, le Kirghizstan, la Malaisie, le Qatar, la Turquie et l’Ouzbékistan. L’USCIRF souligne que dans ces États, certaines minorités religieuses restent vulnérables à des pressions administratives, des restrictions sur l’enregistrement des communautés ou des violences locales, parfois dans un contexte d’impunité.
Le rapport s’intéresse également aux acteurs non étatiques responsables de violations graves de la liberté religieuse. Parmi eux figurent Al‑Shabaab, Boko Haram, l’État islamique en Afrique du Nord et de l’Ouest, les Houthis au Yémen et d’autres groupes armés, dont les actions ont conduit à des violences ciblées contre des communautés religieuses.
Outre ces analyses par pays, le rapport examine les tendances globales observées en 2025. L’USCIRF note que les restrictions à la liberté de religion prennent des formes diverses : surveillance étatique, interdiction ou contrôle des organisations religieuses, restrictions administratives sur les lieux de culte, arrestations ou sanctions pénales. Des lois sur la sécurité, l’extrémisme ou le blasphème sont parfois utilisées pour limiter l’exercice de la religion ou marginaliser certaines communautés.
Dans son analyse consacrée à l’Europe centrale, le rapport mentionne la Hongrie. Il rappelle que la rapporteuse spéciale des Nations unies sur la liberté de religion ou de conviction, Nazila Ghanea, a exprimé des préoccupations concernant des mesures prises par les autorités hongroises à l’encontre de l’Église de Scientology. Ces mesures comprennent notamment des perquisitions, le refus de certificats d’occupation et la saisie de documents religieux confidentiels. L’USCIRF souligne que ces actions ont suscité des inquiétudes parmi les acteurs religieux et de la société civile, et qu’elles doivent être évaluées au regard du respect de la liberté de religion ou de conviction.
Enfin, le rapport formule des recommandations générales aux autorités américaines. Il appelle à utiliser des outils diplomatiques et des sanctions ciblées pour soutenir les communautés religieuses victimes de persécution, promouvoir des réformes législatives favorables à la liberté de religion, et renforcer la coopération internationale en matière de protection des droits religieux. Selon l’USCIRF, la liberté de religion ou de conviction reste l’un des indicateurs essentiels de la santé démocratique et du respect des droits fondamentaux dans le monde.