Les autorités turques ont procédé à l’arrestation de 60 personnes dans plusieurs provinces du pays, dans le cadre d’une nouvelle opération visant des individus soupçonnés de liens avec le mouvement associé à Fethullah Gülen. Selon les informations rapportées par les médias turques, les personnes arrêtées incluent des médecins et des fonctionnaires, accusés d’appartenance ou de soutien à ce que l’État turc considère comme une organisation terroriste.
Ces arrestations s’inscrivent dans la continuité des vastes purges engagées après la tentative de coup d’État de juillet 2016. Depuis cette date, les autorités turques mènent régulièrement des opérations contre des individus soupçonnés de liens, même indirects, avec le réseau Gülen, dans l’administration, la justice, l’armée, l’éducation ou encore les professions de santé. Les enquêtes reposent souvent sur des éléments tels que des communications numériques, des réseaux sociaux ou des interactions présumées avec des structures affiliées.
Sur le terrain, les opérations récentes ont été menées simultanément dans plusieurs villes, ciblant des personnes occupant des fonctions publiques ou considérées comme stratégiques. Le gouvernement turc affirme s’appuyer sur des éléments de renseignement et des preuves techniques, tandis que des organisations de défense des droits humains dénoncent régulièrement des arrestations fondées sur des critères d’affiliation jugés trop larges ou indirects.
Fethullah Gülen, décédé en 2024, était un prédicateur turc installé aux États-Unis depuis la fin des années 1990. Il a fondé le mouvement connu sous le nom de Hizmet (« service »), qui s’est développé à l’échelle internationale autour d’un réseau d’écoles, d’associations éducatives, d’initiatives culturelles et de projets humanitaires. Le mouvement mettait en avant une vision de l’islam centrée sur l’éducation, l’éthique individuelle, le dialogue interreligieux et l’engagement social. Il a notamment soutenu la création d’établissements scolaires dans de nombreux pays, parfois reconnus pour leur qualité académique, ainsi que des programmes de bourses et de formation.
Avant la rupture avec le pouvoir turc, le réseau Gülen avait aussi été actif dans les médias, les services éducatifs privés et certaines structures de la société civile. À partir des années 2010, les relations avec le gouvernement de Recep Tayyip Erdoğan se sont fortement dégradées, conduisant à une confrontation politique majeure. Après 2016, les autorités turques ont accusé le mouvement d’avoir infiltré l’État et d’être responsable de la tentative de coup d’État, ce que Gülen et ses partisans ont toujours nié, parlant d’un mouvement civil pacifique axé sur l’éducation.
Depuis lors, la qualification du mouvement comme organisation terroriste par Ankara a conduit à une répression durable, touchant aussi bien des fonctionnaires que des enseignants ou des professionnels de santé, dans un climat où la simple suspicion de lien avec le réseau peut suffire à déclencher des poursuites.





























