La justice serbe a condamné début mars trois ressortissants serbes impliqués dans une série d’actions visant des lieux religieux en France et en Allemagne, parmi lesquelles le dépôt de têtes de cochon devant plusieurs mosquées en région parisienne en 2025. Cette affaire, qui avait suscité une vive émotion en France, révèle aujourd’hui les contours d’une opération organisée à l’étranger et destinée à provoquer des tensions religieuses.
Les faits remontent à septembre 2025, lorsque plusieurs mosquées d’Île-de-France découvrent à leur entrée des têtes de porc déposées durant la nuit. Au total, neuf têtes de cochon sont retrouvées devant différents lieux de culte musulmans à Paris et dans sa proche banlieue. Le parquet de Paris évoque alors une « volonté manifeste de provoquer le trouble au sein de la nation » et ouvre une enquête pour identifier les auteurs de ces actes.
L’utilisation de têtes de porc constitue en effet un symbole particulièrement offensant à l’égard des musulmans, pour lesquels la consommation de porc est interdite. Ce type de profanation est généralement considéré comme une forme d’intimidation ou de provocation visant une communauté religieuse spécifique.
Rapidement, les investigations françaises orientent les soupçons vers des auteurs étrangers. Un agriculteur de Normandie déclare aux enquêteurs avoir vendu plusieurs têtes de porc à deux hommes arrivés dans un véhicule portant des plaques d’immatriculation serbes. Les suspects auraient ensuite quitté la France peu après les faits.
Quelques semaines plus tard, l’enquête prend une dimension internationale. Fin septembre 2025, les autorités serbes annoncent l’arrestation de onze personnes soupçonnées d’avoir participé à ces actions ainsi qu’à d’autres actes visant des lieux religieux en Europe. Les suspects sont notamment accusés d’avoir ciblé des mosquées en France et des sites juifs à Paris, dans le but de diffuser des messages incitant à la haine et à la discrimination religieuse.
Selon les informations communiquées par les autorités serbes, le groupe aurait agi sous l’influence d’un commanditaire lié à un service de renseignement étranger. Les actions menées en France et en Allemagne auraient eu pour objectif de provoquer des tensions religieuses et de déstabiliser la situation politique et sociale dans ces pays.
Le 6 mars 2026, la justice serbe a annoncé la condamnation de trois membres du groupe après qu’ils ont plaidé coupable dans le cadre d’accords judiciaires. Ils ont été reconnus coupables notamment d’espionnage, de discrimination raciale et d’association criminelle en lien avec ces opérations. Les peines prononcées vont de plusieurs mois à un an et demi d’assignation à résidence.
Les documents judiciaires consultés par certains médias indiquent que ces actions faisaient partie d’une série d’opérations destinées à attiser les tensions entre communautés religieuses en Europe. Parmi les actes attribués au groupe figurent non seulement le dépôt de têtes de porc devant des mosquées, mais aussi des dégradations visant des institutions juives.
En France, ces événements avaient suscité de vives réactions parmi les responsables religieux et politiques. Plusieurs organisations musulmanes avaient dénoncé un acte de provocation grave visant à intimider les fidèles et à attiser l’hostilité envers l’islam. Les autorités françaises avaient pour leur part condamné un geste « profondément choquant » et affirmé leur détermination à identifier les responsables.