Les principales organisations religieuses d’Ukraine ont lancé un nouvel appel à la communauté internationale pour qu’elle renforce la pression sur la Russie, estimant que les sanctions actuelles demeurent insuffisantes face à la poursuite de la guerre. Réunis au sein du Conseil ukrainien des Églises et des organisations religieuses (UCCRO), qui rassemble des représentants chrétiens, juifs et musulmans, les responsables religieux dénoncent la poursuite des attaques russes contre les civils et les infrastructures ukrainiennes et demandent des mesures économiques plus fermes contre Moscou.
Dans une déclaration relayée par l’agence ukrainienne RISU, intitulée « Déclaration de l’UCCRO concernant les nouveaux actes de terrorisme d’État commis par la Russie à l’encontre de l’Ukraine », ces responsables religieux affirment que la Russie poursuit une politique de destruction systématique de l’Ukraine et qu’une réponse internationale plus déterminée est nécessaire. Ils estiment que les sanctions économiques constituent l’un des principaux leviers dont disposent les États occidentaux pour limiter la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.
Le Conseil ukrainien des Églises et des organisations religieuses occupe une place particulière dans le paysage religieux du pays. Fondé en 1996, il réunit la majorité des grandes communautés religieuses ukrainiennes et intervient régulièrement sur les questions de liberté religieuse, de droits humains et de politique publique. Depuis le début de l’invasion russe à grande échelle en février 2022, cette instance multiplie les prises de position internationales afin d’attirer l’attention sur les conséquences humaines et spirituelles du conflit.
Selon les responsables religieux, les attaques menées par la Russie continuent de provoquer des victimes civiles, des déplacements de population et des destructions de lieux de culte. Plusieurs organisations internationales et organismes de défense de la liberté religieuse ont également documenté des cas de persécutions visant des communautés religieuses dans les territoires occupés par la Russie. Des pasteurs, prêtres et responsables religieux ont été arrêtés ou contraints de quitter leurs régions, tandis que certaines communautés ont vu leurs activités fortement restreintes.
L’appel des responsables religieux intervient alors que le débat sur l’efficacité des sanctions occidentales reste ouvert. Depuis 2022, l’Union européenne a adopté une série de paquets de sanctions visant les secteurs financier, énergétique, industriel et technologique russes. Ces mesures comprennent notamment des restrictions commerciales, des gels d’avoirs, des interdictions de voyage et des limitations concernant les exportations de technologies sensibles. Bruxelles a continué à renforcer ce dispositif au fil des années afin de limiter les possibilités de contournement et de réduire les revenus russes liés aux exportations stratégiques.
Pour les signataires de la déclaration, ces mesures doivent être renforcées et appliquées plus rigoureusement. Ils plaident notamment pour une lutte accrue contre les mécanismes permettant à certaines entreprises ou à certains États tiers de contourner les restrictions déjà en vigueur. Ils considèrent que la pression économique reste indispensable pour contraindre Moscou à mettre fin à son agression.
Cette prise de position s’inscrit dans une mobilisation plus large des responsables religieux ukrainiens depuis le début de la guerre. En juillet 2025, le même Conseil avait déjà lancé ce qu’il qualifiait de « cri de détresse » adressé à la communauté religieuse mondiale, demandant une action internationale plus forte face à ce qu’il décrivait comme une catastrophe humanitaire et spirituelle provoquée par l’invasion russe.
La guerre a également accentué les tensions religieuses entre l’Ukraine et la Russie. Les autorités ukrainiennes et plusieurs organisations religieuses du pays reprochent depuis plusieurs années au Patriarcat de Moscou et à son chef, le patriarche Kirill, d’avoir soutenu l’intervention militaire russe. Le Conseil ukrainien des Églises a déjà condamné à plusieurs reprises les prises de position de l’Église orthodoxe russe, qu’il accuse de légitimer l’agression contre l’Ukraine.
Au-delà des considérations géopolitiques, les responsables religieux mettent en avant une dimension morale. Ils estiment que le silence ou l’inaction de la communauté internationale face aux violences risquent d’encourager la poursuite du conflit. Leur appel s’adresse autant aux gouvernements qu’aux institutions religieuses du monde entier, qu’ils invitent à soutenir davantage les victimes de la guerre et à défendre les principes du droit international.





























